Ce n'était pas une odyssée, c'était une course poursuite. Pas une quête, malgré ses réalisations héroïques, plutôt une entreprise mue par la compétition et la peur de la relégation. Pourtant, la conquête de la Lune bénéficie d'une aura sacrée, de celle qui entoure les grandes épopées de l'Humanité. Alors que le 21 juillet sera célébré le 50e anniversaire du premier pas de Neil Armstrong sur la Lune, Arte diffuse un de ces documentaires dont la chaîne publique américaine PBS a le secret: La Conquête de la Lune arbore des scènes d'archives inédites, un montage fascinant, des interventions d'acteurs d'époque et d'experts aiguisées, de l'émotion et de l'intelligence. Et, en sus, un bon degré de critique historique: il a fallu rapatrier aux USA l'équipe du nazi et officier SS Von Braun (autoproclamé père de la fusée), rattraper l'avance prise par les Russes dans les années 50, convaincre l'opinion. Dans un contexte de guerre froide et de peur de l'annihilation, la Lune apparaît comme un havre possible. John F. Kennedy le dira dans un discours resté célèbre, elle était un refuge à coloniser après que l'homme eût fini de piller la planète. En trois épisodes gorgés de vulgarisation scientifique, de commentaire politique et un zeste de mystique humaniste, cette Conquête de la Lune raconte avec passion l'une des plus folles entreprises de l'Histoire de l'humanité.

Minisérie documentaire de Robert Stone.

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