Entre 1941 et 1943, 40 écrivains et intellectuels juifs ont bravé l'occupant nazi en Lituanie. Ces poètes, hommes et femmes de lettres, ont tutoyé l'horreur, la peur et empoigné un courage étonnant pour sauver de l'autodafé les collections des bibliothèques de la ville. "Chaque personne est un livre, cha...

Entre 1941 et 1943, 40 écrivains et intellectuels juifs ont bravé l'occupant nazi en Lituanie. Ces poètes, hommes et femmes de lettres, ont tutoyé l'horreur, la peur et empoigné un courage étonnant pour sauver de l'autodafé les collections des bibliothèques de la ville. "Chaque personne est un livre, chaque esprit est un livre. Nous sommes supposés être le peuple du Livre. Mais qui est ce "nous"?" Les mots de Avrom Sutzkever, dernier survivant de cette Brigade des Papiers avec le peintre Samuel Bak, ouvrent ce récit d'une résistance peu connue. Alors que, depuis le 24 juin 1941, la machine exterminatrice nazie a créé le ghetto de Vilna (actuelle Vilnius) pour 60 000 Juifs, celui-ci resserre très vite ses murs autour d'une population qui n'est plus que de 18 000 en octobre de la même année. "Si nous n'avons pas la chance d'être sauvés, les livres, eux, survivront". Un travail clandestin et astucieux sera mis au point pour trier puis cacher et protéger durant trois ans une somme considérable de livres destinés à disparaître dans les flammes ou un fond d'archives à Berlin. Une énergie de vie folle va permettre que le récit, l'Histoire, l'esprit, la mémoire, l'intelligence se transmettent, quand la pulsion de mort exige que toute trace soit à jamais effacée. Dans un style classique mais rigoureux, austère dans sa forme mais vibrant dans son propos, Diane Perelsztejn retrace une des plus surprenantes et inspirantes entreprises de résistance de la Seconde Guerre mondiale.