On ne vous l'apprend plus. L'impact de l'homme sur la nature est démesuré. Mais pouviez-vous ne serait-ce qu'envisager la suite? Nous aurions carrément provoqué une nouvelle ère de l'Histoire de notre planète. L'Anthropocène, concept qui divise, serait cette " époque durant laquelle l'influence de l'être humain sur la biosphère est telle qu'elle est devenue une force majeure capable de progressivement bouleverser la ...

On ne vous l'apprend plus. L'impact de l'homme sur la nature est démesuré. Mais pouviez-vous ne serait-ce qu'envisager la suite? Nous aurions carrément provoqué une nouvelle ère de l'Histoire de notre planète. L'Anthropocène, concept qui divise, serait cette " époque durant laquelle l'influence de l'être humain sur la biosphère est telle qu'elle est devenue une force majeure capable de progressivement bouleverser la croûte terrestre". Affirmons-le sans fard, le progrès, notre raison d'être depuis près de deux siècles, a tout d'abord considérablement amélioré notre mode de vie. Quelque 1 400 milliard de tonnes de CO2 plus tard, l'humanité tire un peu la langue. Ce documentaire s'attache à décortiquer les faits marquants, les bouleversements scientifiques, les choix politiques et les égarements industriels qui sont à l'origine de cette révolution géologique d'une ampleur irréversible. Aux premières heures de la révolution industrielle donc, le globe devient le terrain de jeu de puissants empires qui s'octroient le droit de dépouiller son plancher de ses ressources. Le potentiel économique du maniement de ces énergies fossiles irrigue à perpétuité l'atmosphère de CO2, ce poison qui nous ronge chaque jour un peu plus. Bien sûr, les guerres stimulent à grands coups de canons la production massive et le génie technique déployé à foudroyer l'ennemi ne parvient qu'à désintégrer davantage le vivant. Des pesticides aux dérives de l'agro-alimentaire, de l'automobile au plastique en passant par le nucléaire, la marche en avant de la mondialisation aveugle et capitaliste n'a pas de brides. Le mode de vie développé depuis le début du XIXe siècle est caduc et les certitudes d'antan n'en finissent plus de s'évanouir. Si l'homme s'est goinfré, la Terre crève la dalle. Ce reportage (diffusé également sur Arte mardi à 22.10), passionnant tout du long, didactique et admirablement illustré d'archives globales, attriste autant qu'il documente, soucieux de pointer, pessimiste, les erreurs et les approximations du rouleau compresseur de la modernité.