Calmement transgressif, le cinéma de Ruben Ostlund va voir là où la plupart passeraient sans regarder, en faisant semblant de ne rien remarquer. Happy Sweden, son premier long métrage, révélait sous un titre ironique une réalité tout sauf heureuse. Play abordait ensuite des rapports pervers entre adolescents sur fond de délinquance et d'immigration. Avec le captivant Turist, le natif de Göteborg quitte le théâtre de la rue pour celui, plus intime, du couple et de la famille, avec toujours la même approche exigeante et subtile, lucide et investigatrice, refusant le pathos comme la démonstration. "J'aborde mes sujets sous l'angle sociologique, explique le réalisateur, en ignorant la technique dramaturgique anglo-saxonne qui exige un héros positif, un antagoniste, un conflit et une résolution positive, victorieuse. Pour moi, le dilemme est la clé de toute dramaturgie: une série de choix qui se présen...