Propulsée par la première PlayStation de Sony et la Saturn de Sega, la démocratisation de la 3D dans les foyers éclipsait l'attrait des salles d'arcade à la fin des années 90. Mais les bornes n'ont pas dit leur dernier mot. Depuis quelques années déjà, ces dernières réinvestissent l'espace public en mode indie. Les frères Devillé, deux ébénistes geeks anversois, imaginent et assemblentd'étonnantes machines Do It Yourself depuis cinq ans. Un appel d'air frais qui a enchanté le festival Play Time 20.20 de Bruges, au début de ce mois.
...

Propulsée par la première PlayStation de Sony et la Saturn de Sega, la démocratisation de la 3D dans les foyers éclipsait l'attrait des salles d'arcade à la fin des années 90. Mais les bornes n'ont pas dit leur dernier mot. Depuis quelques années déjà, ces dernières réinvestissent l'espace public en mode indie. Les frères Devillé, deux ébénistes geeks anversois, imaginent et assemblentd'étonnantes machines Do It Yourself depuis cinq ans. Un appel d'air frais qui a enchanté le festival Play Time 20.20 de Bruges, au début de ce mois. Play Time 20.20 a échappé de justesse à la mise sous cloche de notre pays pour fêter une rencontre rare et nécessaire: celle de la culture et du gaming. Du 6 au 8 mars derniers, le Centre Culturel de Bruges ouvrait ainsi les portes du Koninklijke Stadsschouwburg (150 ans l'an dernier!) à une série d'installations gaming à haute valeur artistique ajoutée. L'entrée du vénérable théâtre résonnait sur NerdPride, deux DJ mixant en temps réel les pas des visiteurs sur un set chiptune enjoué. Inspirée des pièces d'or de Mario, cette installation montée sur un escalier menait directement vers les coursives du théâtre, transformées en salle d'arcade. L'élégance et le travail de marqueterie des bornes que Thomas et Hannes Devillé avaient installées sur trois étages ne détonnaientt pas avec les moulures et les dorures des lieux. Machine mémorable? L'impressionnante Spelfabriek, qui se pare d'un vaste damier sur lequel on pose des petits dés. Une fois insérés dans leur case, ces derniers matérialisent alors à l'écran des plateformes aidant un personnage à progresser. " J'aime créer des objets qui donnent une certaine forme de vie au jeu vidéo. Les boutons, les sticks, les matériaux... Le sens du toucher est essentiel pour moi", souligne Thomas Devillé, co-instigateur de l'expo, illustrateur et ébéniste de Devillé Arcade. "C'est opposé à la nature même des jeux vidéo, qui n'existent pas vraiment." Également coiffé de potentiomètres gérant la vitesse et la gravité de son monde, Spelfabriek clignotait aux côtés des quatre écrans de Cooptron et des évitements d'obstacles désorientants de Doom Buttons. Alourdi d'une section indé exposant vainement des jeux narratifs trop longs dont le visiteur de passage ne savait que faire, Play Time 20.20 n'en demeurait pas moins fascinant. Dans une salle majestueuse, les frères Devillé ont installé un squelette géant de baleine fantasmée dont les os se transformaient en jeu vidéo. Cette pièce maîtresse, baptisée Player Input, cachait en fait quatre jeux vidéo hyper minimalistes remplaçant le téléviseur par des LED. Détournement dadaïste d'un butoir de porte à ressort, Line Wobbler y avançait comme une aventure où l'on fait progresser un personnage (en forme de point) sur une longue ligne éclairée. Deux déclinaisons notamment en jeu de rythme ( Skeeper) de cette installation signée Robin Baumgarten ravissaient les visiteurs. En particulier les kids. Ou comment initier la génération Fortnite à de la création indé...