Mathieu Amalric incarne à merveille le personnage lunaire de cet agent immobilier divorcé, paumé, à l'âme aussi chiffonnée que ses chemises, qui squatte les appartements atypiques qu'il fait visiter de jour et court de cat...

Mathieu Amalric incarne à merveille le personnage lunaire de cet agent immobilier divorcé, paumé, à l'âme aussi chiffonnée que ses chemises, qui squatte les appartements atypiques qu'il fait visiter de jour et court de catastrophe en situations dramatiques, aussi aisément qu'un François Pignon sous Valium. Son imbuvable père, éternel playboy ravagé par les excès (Eddy Mitchell, un peu fatigué), traîne constamment dans ses pattes, alors même qu'il doit hériter d'un immeuble délabré légué par sa mère. Les habitants de cette bâtisse lugubre, parmi lesquels un locataire récalcitrant, offrent une galerie de personnages loufoques propres à accélérer le maelstrom surréaliste dans lequel s'enfonce le protagoniste. Filmé en partie à Bruxelles, avec moult acteurs du cru (dont un Philippe Jeusette affûté mais disparu trop tôt dans le récit), cette minisérie pêche par des scènes trop longues, un fil narratif obscur et une réalisation trop occupée à maquiller notre capitale en ville de province française.