Aujourd'hui tristement oubliée, Hedy Lamarr brilla au firmament du cinéma hollywoodien des années 40 et 50, sa beauté fulgurante illuminant le Samson and Delilah de Cecil B. DeMille, quand elle ne la mettait pas au service de films aux titres éloquents: Le Corps céleste, Le Démon de la chair, La Femme déshonorée et autres Femmes devant le désir, ultime fait d'armes de sa filmographie, en 1957. Publiés en 1966 aux États-Unis sous le titre Ecstasy and Me: My Life as a Woman, ses souvenirs sont désormais traduits en français, dans un livre tenant autant de l'autobiographie que des mémo...

Aujourd'hui tristement oubliée, Hedy Lamarr brilla au firmament du cinéma hollywoodien des années 40 et 50, sa beauté fulgurante illuminant le Samson and Delilah de Cecil B. DeMille, quand elle ne la mettait pas au service de films aux titres éloquents: Le Corps céleste, Le Démon de la chair, La Femme déshonorée et autres Femmes devant le désir, ultime fait d'armes de sa filmographie, en 1957. Publiés en 1966 aux États-Unis sous le titre Ecstasy and Me: My Life as a Woman, ses souvenirs sont désormais traduits en français, dans un livre tenant autant de l'autobiographie que des mémoires érotiques -postulat esquissé d'entrée, l'ouvrage s'ouvrant en ces termes: "Autant le dire dès maintenant, dans ma vie, comme dans la vie de la plupart des femmes, le sexe a joué un rôle prépondérant."Née à Vienne en 1914, Hedy Lamarr (de son vrai nom Hedwig Kiesler) devait connaître ce qu'il convient d'appeler une vie mouvementée, accédant à la notoriété dès 1933 à la faveur d' Extase, poème visuel lyrique de Gustav Machaty dont la postérité a retenu qu'elle y simulait un orgasme en plus d'apparaître nue, un scandale planétaire à la clé. À tel point que Fritz Mandl, un marchand d'armes allemand et le premier de ses six maris, tentera, en pure perte, d'en faire détruire toutes les copies. Fuyant ce dernier et ses accointances nazies dans des circonstances rocambolesques, elle débarque bientôt à Hollywood où Louis B. Mayer allait entreprendre de faire d'elle "Hedy Lamarr, la femme froide comme le marbre". Voilà du moins pour l'image de celluloïd officielle, guère conforme à la liberté sexuelle exacerbée d'une actrice collectionnant les amants, et qui conte ici avec une remarquable candeur et une non moins étonnante franchise ses aventures dans l'usine à rêves. Soit, côté face, l'ascension spectaculaire qui la vit tourner pour les Vidor, Fleming, Tourneur, Ulmer ou, bien sûr, DeMille (lequel, alors qu'elle se plaignait d'un Victor Mature se positionnant pour toujours montrer son visage à la caméra, qui ne la filmait, elle, que de dos, lui répondit: "Croyez-vous qu'il y ait un seul homme aux États-Unis qui préfère regarder son visage plutôt que votre cul?"). Et, côté pile, l'envers du décor, pour un portrait décoiffant du Hollywood décadent de l'époque -voir les courses de "lévriers" d'Errol Flynn, et autres. Lamarr n'allait connaître qu'une gloire éphémère, se retirant dans la quarantaine et dilapidant sa fortune, se voyant même condamnée pour vol à l'étalage. Dans une autre vie, moins tapageuse, l'actrice était également inventrice, mettant au point en 1941 un système de codage des transmissions appelé "étalement de spectre", encore utilisé dans la téléphonie mobile et pour le wifi. Pas l'élément le moins surprenant d'une existence définitivement romanesque.