Jun Mayuzuki avait marqué les esprits avec le fin et délicat Après la pluie, déjà une romance à peu près platonique entre inadaptés, déjà dans le même ton, déjà aux éditions Kana. L'autrice décline donc ici son savoir-faire pour le genre en produisant une variation...

Jun Mayuzuki avait marqué les esprits avec le fin et délicat Après la pluie, déjà une romance à peu près platonique entre inadaptés, déjà dans le même ton, déjà aux éditions Kana. L'autrice décline donc ici son savoir-faire pour le genre en produisant une variation, située dans la citadelle de Kowloon (à Hong Kong), sous le signe du sentiment nostalgique. Néons usés, rambardes rouillées, ruelles défigurées: Kowloon a vécu, mais c'est ce qui la rend attachante. En réalité, l'oeuvre se déroule dans une version fictionnelle de Kowloon, et même science-fictionnelle. Car on ne sait pas trop quand se déroule le récit. Mais on sait que dans notre réalité, l'endroit a été rasé en 1990. Et surtout qu'on n'a jamais vu dans le ciel, en concurrence avec la lune, cette "seconde planète" artificielle en cours de construction (la colonie "Generic terra"). Sous un habile découpage cinématographique, entre non-dits et vie quotidienne, l'agréable Kowloon Generic Romance et son attachant "presque-couple" de trentenaires appuie, sans surprise (hélas?), sur les mêmes cordes du succès qu' Après la pluie. Même si la légère surcouche de SF semble pour l'instant superflue. Mais au vu des mystérieuses dernières pages, le tome 2 -à paraître en septembre- pourrait bien nous donner tort...