"Football Money"

C'est le genre de disque qui fait du bien par où il passe. Une collection de chansons certes sans prétention, mais pas sans ambition. Sans effet de manche non plus, mais pas sans panache. Le genre de petit plaisir instantané d'autant plus jouissif qu'on avoue ne pas l'avoir vu venir. ...

C'est le genre de disque qui fait du bien par où il passe. Une collection de chansons certes sans prétention, mais pas sans ambition. Sans effet de manche non plus, mais pas sans panache. Le genre de petit plaisir instantané d'autant plus jouissif qu'on avoue ne pas l'avoir vu venir. Kiwi jr. est un quartet basé à Toronto. Avec Football Money, il sort un premier album qui vrille une indie pop telle qu'on la pratiquait dans les glorieuses nineties. Forcément, les références college rock affleurent un peu partout. Dès l'entame, Murder in the Cathedral fait ainsi penser à un Pavement qui filerait droit (la ressemblance entre la voix de Stephen Malkmus et celle du chanteur Jeremy Gaudet n'y étant pas pour rien, carrément frappante sur un morceau comme Comeback Baby). Plus loin, l'élan de Kiwi jr. rappelle les Modern Lovers ( Nothing Changes) ou encore la brillance mélodique d'Orange Juice ( Swimming Pool). Mixé par Graham Walsh (Holy Fuck), Football Money aurait pu finir par plier sous le poids de ses influences. Kiwi jr. évite pourtant brillamment l'écueil. Cela ne tient pas forcément à grand-chose. En l'occurence, Kiwi jr. peut compter notamment sur un songwriting lumineux, à la fois enlevé et au pouvoir de séduction instantané. Avec pour résultat une musique de slacker nonchalante portée par une énergie sans faille ( Salary Man). Appelez ça le charme des premières fois...