Sacré Bill Friedkin. A l'âge respectable -77 ans depuis quelques jours- où le commun des mortels coule une retraite paisible, le réalisateur de The French Connection et The Exorcist débarque pour sa part avec un film furieux, un Killer Joe déployant sa trame de thriller visqueux avec une férocité et une jubilation contagieuses (lire la critique en page 31). A croire que le temps n'a pas prise sur lui: Emile Hirsch, qui tient l'un des rôles principaux du film, le décrit comme une tornade. Et il suffit de le voir débouler, armé de ses immuables Ray-Ban et d'un sourire ravageur, pour comprendre que l'acteur de Into the Wild n'a pas forcé le trait: une demi-heure avec Friedkin, c'est un déluge d'anecdotes débitées avec une ferveur traduisant une passion intacte, pas même entamée par une traversée du désert longue de deux décennies pratiquement.
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