Une exposition assortie d'une rétrospective intégrale de son oeuvre, restaurée, au centre Pompidou, un hommage en neuf titres inédits en VOD sur LaCinetek, et la parution d'un livre d'entretiens embrassant les films réalisés par le maître iranien de ses débuts au Vent nous emportera, en 1999: cinq ans après sa disparition, Abbas Kiarostami fait l'objet d'une série d'événements venus saluer l'apport inestimable d'un créateur évoluant à la croisée du cinéma, de la vidéo, de la photographie, de la poésie et des arts picturaux. Un artiste majeur, dont Martin Scorsese a pu affirmer: " ...

Une exposition assortie d'une rétrospective intégrale de son oeuvre, restaurée, au centre Pompidou, un hommage en neuf titres inédits en VOD sur LaCinetek, et la parution d'un livre d'entretiens embrassant les films réalisés par le maître iranien de ses débuts au Vent nous emportera, en 1999: cinq ans après sa disparition, Abbas Kiarostami fait l'objet d'une série d'événements venus saluer l'apport inestimable d'un créateur évoluant à la croisée du cinéma, de la vidéo, de la photographie, de la poésie et des arts picturaux. Un artiste majeur, dont Martin Scorsese a pu affirmer: " Abbas Kiarostami représente le niveau le plus élevé de l'art dans le cinéma." De cela, l'hommage proposé par LaCinetek permet, si besoin, de se convaincre, à travers une sélection qui ajoute aux classiques comme la trilogie de Koker ( Où est la maison de mon ami?, le film qui devait asseoir sa notoriété internationale, Et la vie continue et Au travers des oliviers), Le Goût de la cerise, Palme d'or à Cannes en 1997, et le remarquable Close-Up, diverses raretés. Ainsi de son premier court métrage, Le Pain et la rue (1970), celui que Kiarostami considérait comme " la mère de tous mes films", où le monde de l'enfance s'annonçait comme l'un des motifs essentiels de l'oeuvre à venir. Du Passager, son premier long, tourné quatre ans plus tard, l'histoire d'un gamin de province faisant l'impossible pour pouvoir à aller voir un match de foot à Téhéran. Ou encore de Devoirs du soir (1989), où le réalisateur investissait avec sa caméra une classe dont il assaillait les élèves de questions. Balayant l'art de Kiarostami de ses portraits d'enfance au road-movie existentiel Le Vent nous emportera, cet échantillon trouve un prolongement idéal dans Un cinéma de questions, le livre d'entretiens que lui consacre le critique américain Godfrey Cheshire. Fin connaisseur de l'oeuvre, l'auteur devait rencontrer le réalisateur à de nombreuses reprises au cours des années 90, l'ouvrage en résultant couvrant les débuts du cinéaste, mais aussi la période où il signa ses chefs-d'oeuvre. C'est là un dialogue particulièrement fécond, où Kiarostami, commentant ses films, se multiplie en réflexions passionnantes, touchant aussi bien à son cinéma -" Je savais mieux que personne que mes films n'étaient pas pour les enfants, c'étaient des films sur les enfants, mais pas pour eux"- qu'à l'art en général: " L'art sera perdu s'il ne se rapproche pas de la poésie. La poésie est ce qui nous rapproche du monde et nous emporte. Si l'on voulait résumer en une phrase la responsabilité de l'art, ce ne serait rien d'autre que de cela: nous détacher du monde matériel." Soit une magistrale leçon de cinéma, et une introduction argumentée à son oeuvre inépuisable.