"I Think I'm Good"

Au fil du temps, la fusion entre jazz et rap est devenue un véritable lieu commun. D'acte "disruptif", pour reprendre un terme à la mode, il est devenu la plus normale et naturelle des démarches pour une bonne partie des acteurs concernés. A fortiori, pour la jeune génération qui a grandi avec ...

Au fil du temps, la fusion entre jazz et rap est devenue un véritable lieu commun. D'acte "disruptif", pour reprendre un terme à la mode, il est devenu la plus normale et naturelle des démarches pour une bonne partie des acteurs concernés. A fortiori, pour la jeune génération qui a grandi avec l'un et l'autre. Dans le cas de Kassa Overall, la combinaison prend toutefois des couleurs inédites et des directions complètement inattendues, comme le démontre son extraordinaire I Think I'm Good. Batteur new-yorkais, le trentenaire a toujours frayé avec la crème jazz -de Christian McBride à DeeDee Bridgewater-, tout en allant se balader dans le rap -sa participation à Das Racist. De fait, sur I Think I'm Good, son premier album pour Brownswood, Kassa Overall convie les deux. Mais sans jamais que le "concept" ne l'emporte sur l'émotion, proposant une musique à la fois complexe et chaleureuse, étrange et terriblement captivante. Kassa Overall se retrouve ainsi à évoquer ses vulnérabilités, notamment une santé mentale fragile, qui a pu l'amener à être hospitalisé -" I hope they let me go tonight", glisse-t-il étrangement serein sur Visible Walls. Tout en discutant ces luttes internes, il n'hésite pas à faire le parallèle avec l'expérience afro-américaine en général, citant à la fois Angela Davis ( Show Me a Prison), Geri Allen (" Was she happy ? She was on a quest!") ou même... Chopin (le Prélude n°4, dans Darkness In Mind). Superbe.