Je ne suis pas convaincu que nous serions beaucoup plus avancés si nous avions tout envoyé promener pour la musique. Nous serions peut-être à l'heure qu'il est en train de jouer dans un squat en Pologne." Le jour, Vincent Stefanutti, Sébastien Schmit et Grégory Duby, respectivement originaires de Rochefort, Beauraing et Charleroi, sont instituteur, assistant social et informaticien dans une boîte pharmaceutique. La nuit, les 3 Bruxellois d'adoption font rugir K-Branding. Une bête sauvage indomptable. Pas de celles bien sages, animaux de compagnie qu'on expose et caresse dans le grand cirque pop rock de la communauté française. ...

Je ne suis pas convaincu que nous serions beaucoup plus avancés si nous avions tout envoyé promener pour la musique. Nous serions peut-être à l'heure qu'il est en train de jouer dans un squat en Pologne." Le jour, Vincent Stefanutti, Sébastien Schmit et Grégory Duby, respectivement originaires de Rochefort, Beauraing et Charleroi, sont instituteur, assistant social et informaticien dans une boîte pharmaceutique. La nuit, les 3 Bruxellois d'adoption font rugir K-Branding. Une bête sauvage indomptable. Pas de celles bien sages, animaux de compagnie qu'on expose et caresse dans le grand cirque pop rock de la communauté française. " Sharko est sans doute le groupe le plus alternatif qui soit un jour passé sur D6Bels", convient Schmit, le percussionniste de la bande. Cela fait 7 ans déjà que K-Branding, né sur les cendres des Monday Guys, attaque, griffe, mord... Sept ans et 6 disques. Quatre démos enregistrées sans label et tirées à une centaine d'exemplaires sur CDR. Puis 2 albums -le nouveau, Alliance, compris- distribués par Humpty Dumpty. " On s'est drogués pendant toute notre adolescence, rigole Schmit pour expliquer le son barré de la créature à 3 têtes. Mais nous partageons surtout l'envie de ne pas tomber dans les schémas depuis trop longtemps éculés. D'éviter les mélodies et les structures classiques." " Pour trouver un groupe qui se distingue et fait vraiment avancer les choses dans le rock, faut se lever tôt, embraie son comparse saxophoniste Vincent Stefanutti. Nos influences s'entendent clairement sur notre disque. Nous ne prétendons pas réinventer la musique. Mais à défaut d'être originaux, nous avons une identité. Un truc à nous. " Vincent, collectionneur devant l'éternel, adore les Smiths et les Beatles. Il aime même Duran Duran. Les disques de K-Branding, abrupts, ne sont pas pour autant à mettre entre toutes les oreilles. K-Branding se nourrit de free jazz, de noise, de no wave, de musique industrielle et concrète. " J'apprécie énormément John Cage. Il se passe beaucoup de choses dans la répétition. Vous savez, on peut très bien s'intéresser à la fois à la pop et à ce qu'on fait. Je viens d'écouter un disque enregistré en 1968 par White Noise. Je n'aimais pas il y a 15 ans. Trop expérimental et étrange. Mais les goûts musicaux sont une histoire de cheminement. Avec le temps, l'habitude, l'oreille s'adapte, se familiarise à des choses plus compliquées, plus dures à écouter. " Chez K-Branding, tout naît dans l'improvisation et la spontanéité. Pour construire leurs chansons, les 3 fêlés enregistrent leurs répétitions et font le tri à la maison. " On répète régulièrement mais très peu. De toute façon, dans les impros, ce qui est intéressant, c'est ce qui sort des premières minutes", achève Sébastien. Moins tribal et bruitiste que Facial, son excellent prédécesseur sorti en 2009, Alliance est un album d'ambiance rugueux, flippant et sombre. Un disque qui s'apprivoise même si la bête est menaçante et féroce. l u WWW.K-BRANDING.BE u ALLIANCE, CHEZ HUMPTY DUMPTY. u LE 17/6 À LA MAISON DES MUSIQUES (21 H 30), LE 17/7 AU FESTIVAL DE DOUR, LE 4/8 AU CLUB TERMINUS (OOSTENDE) ET LE 26/10 AU BOTANIQUE. JULIEN BROQUET