C'est un film épatant, extraordinairement drôle et riche d'émotions partagées ( lire la critique dans Focus du 30/09). On y rit beaucoup, sans savoir qu'il n'existerait peut-être pas sans une mort, celle de la maman de Julie Delpy. " Le décès de ma mère, voici 2 ans, aura sans doute cristallisé le désir que j'avais d'évoquer mon enfance", explique l'actrice devenue réalisatrice, qui ajoute: " Ce film est né d'un malaise profond, d'où je voulais sortir car j'aime la vie, je ne veux pas m'enfermer dans le malheur. C'est pour cela, probablement, que le film est si solaire, qu'i...

C'est un film épatant, extraordinairement drôle et riche d'émotions partagées ( lire la critique dans Focus du 30/09). On y rit beaucoup, sans savoir qu'il n'existerait peut-être pas sans une mort, celle de la maman de Julie Delpy. " Le décès de ma mère, voici 2 ans, aura sans doute cristallisé le désir que j'avais d'évoquer mon enfance", explique l'actrice devenue réalisatrice, qui ajoute: " Ce film est né d'un malaise profond, d'où je voulais sortir car j'aime la vie, je ne veux pas m'enfermer dans le malheur. C'est pour cela, probablement, que le film est si solaire, qu'il célèbre aussi gaiement la vie! Bien sûr il reste des zones d'ombre, c'est pas les Bisounours, quand mêmeà" "Le Skylab est très écrit, très construit, révèle Delpy, mais il fallait que rien de ce travail ne se voie. Le cinéma, c'est comme la magie. On voit le travail d'un mauvais magicien, pas celui d'un bon, qui réussit son tour sans qu'on ait la moindre idée de comment il a pu faire. Ça peut être chiant de se dire qu'avec tout le boulot de dingue qu'il y a derrière (je suis une obsessionnelle, pour qui chaque détail compte, à rendre fous les gens avec qui je travaille!), les spectateurs vont pouvoir croire qu'on a juste posé la caméra et demandé aux acteurs de se lâcher devant. Mais c'est aussi génial qu'ils puissent ressentir ça! Que l'artifice crée la vie! Pour moi, c'est la grandeur du cinéma, ce qui le met à part de tous les autres arts. Il permet de capter un moment du présent, qui restera pour toujours. Le cinéma est l'antidote à tout ce qui me fait peur: la mort, la disparition... Il transcende tout ça! Il est la seule chose d'éternelle sur cette Terre." Tout comme avant lui la première réalisation de Delpy, le drolatique et attachant 2 Days In Paris, Le Skylab offre au spectateur cette sensation de voir un film "porté", désiré profondément par sa créatrice et prenant d'autant plus facilement le chemin de nos c£urs. " Mes films sont portés, en effet. Mon envie de faire du cinéma est très pure. Je ne réalise pas des films pour faire de l'argent, ni pour faire ma maligne, mais parce que j'ai besoin d'exprimer des choses. Moins calculatrice que moi faisant Le Skylab , ce n'est pas possible! C'est parce que tout le monde ou presque y calcule (ce qui va marcher, ce qui va plaire en festival) que j'ai fui le cinéma français... " Bien accueillie aux Etats-Unis, où elle a sa résidence principale à Los Angeles, celle que Godard et Tavernier découvrirent encore adolescente, dans Détective puis La Passion Béatrice, y a connu ses plus grands succès dans le cinéma indépendant, trash ( Killing Zoe) ou surtout romantique ( Before Sunrise et Before Sunset). C'est grâce à son expérience du cinéma américain qu'elle a réuni le prodigieux casting de son Skylab, " en choisissant librement des comédiens liés à aucune famille ou chapelle, des comédiens se caractérisant aussi et surtout par leur impact physique direct dès qu'ils apparaissent dans le cadre". Un atout made in USA que cette "physicalité", dont l'alliance avec un sens du dialogue et du décalage subversif très français fait merveille. Le meilleur des 2 mondes, en somme. LOUIS DANVERS