Difficile à faire entrer dans les cases de l'art contemporain, l'exposition JRipato Corp. d'Alix Le Grouyellec attire l'attention. En cause, l'impressionnante énergie dégagée par le projet. Il y a de la tornade, plutôt du tsunami dans le capot de ce solo show qui se partage entre performance, sérigraphie, photographie et produits dérivés. Le tout est emballé dans une narration qui embarque le visiteur. Détent...

Difficile à faire entrer dans les cases de l'art contemporain, l'exposition JRipato Corp. d'Alix Le Grouyellec attire l'attention. En cause, l'impressionnante énergie dégagée par le projet. Il y a de la tornade, plutôt du tsunami dans le capot de ce solo show qui se partage entre performance, sérigraphie, photographie et produits dérivés. Le tout est emballé dans une narration qui embarque le visiteur. Détentrice d'un master en dessin à La Cambre, la plasticienne explique sa proposition en convoquant une fascination première pour le Japon. Comment nouer contact avec ce pays aux codes totalement impénétrables? Nourrie aux mangas et aux romans d'Isaac Asimov, l'intéressée imagine Orange Velvet, une "robote" qu'elle entend performer au pays du Soleil Levant. Devant le succès de cette "monnaie d'échange", Le Grouyellec déploie son idée tant à Bruxelles qu'à Tokyo. Elle imagine alors un scénario plus vaste: JRipato Corp., une société nipponne qui emploie des androïdes. D'autres personnages apparaissent dans le sillon: Johny Ripato (une femme d'affaires), AutomatiX (une caissière qui "vend et encaisse") et Miss Machine (une hôtesse d'accueil). Chacune d'entre elles intègre alors une fonction et un vocabulaire visuel et sonore singulier que l'artiste active selon son bon vouloir. Dans le cadre d'Odradek, le visiteur peut se familiariser avec les étranges traces de cette aventure atypique. Il y a ces néons fabriqués en Chine, ces mugs un peu cheap, ces stickers, ces sacs, ces pin's... Bref, toute une panoplie d'où la main est étrangement absente mais qui n'est pas pour autant sans défaut de fabrication. Il y a du bug, du glitch dans l'air. Ce qui est sûr, c'est que l'ensemble fascine, racontant l'hyperactivité consumériste d'un monde qui déraille. À ne pas rater, la performance finale le 23 février mettra en scène Velvet Orange, "pop idol" japonaise et bruxelloise, qui s'animera sur une bande-son répétitive et abrutissante.