Installé à Paris depuis bien des années, Jonathan Zaccaï y poursuit une jolie trajectoire passant par chez Audiard ( De battre mon c£ur s'est arrêté), Fontaine ( Entre ses mains) ou... Ridley Scott ( Robin Hood). Il n'en a jamais oublié pour autant ses attaches en Belgique, comme le prouvent ses rôles dans des films signés Joachim Lafosse ( Elève libre), Sam Garbarski ( Le Tango des Rashevski) et Micha Wald ( Simon Konianski). Et pour son premier long métrage en tant que...

Installé à Paris depuis bien des années, Jonathan Zaccaï y poursuit une jolie trajectoire passant par chez Audiard ( De battre mon c£ur s'est arrêté), Fontaine ( Entre ses mains) ou... Ridley Scott ( Robin Hood). Il n'en a jamais oublié pour autant ses attaches en Belgique, comme le prouvent ses rôles dans des films signés Joachim Lafosse ( Elève libre), Sam Garbarski ( Le Tango des Rashevski) et Micha Wald ( Simon Konianski). Et pour son premier long métrage en tant que réalisateur, il a emprunté la voie du faux documentaire ouverte par C'est arrivé près de chez vous et marquée par d'autres cinéastes made in Belgium comme Vincent Lannoo et Frédéric Sojcher. Au départ, c'était un film "normal" que préparait Zaccaï. " C'est en rencontrant Vincent Lacoste, pour un rôle secondaire du film que je préparais, que s'est produit le déclic!", relate l'acteur passé derrière la caméra. Révélation des Beaux gosses, Lacoste l'a tellement épaté (" Il a mangé son sandwich en mettant de la mayonnaise partout, il m'a laissé payer ses clopes") qu'il a eu envie de consacrer un film entier à son personnage de cinéaste adolescent, Palme d'or au Festival de Cannes à 15 ans et vainqueur des César à 16... " J'ai écrit le film en deux semaines, et on a profité des vacances de février pour le tourner en deux semaines, avec 20 000 euros", explique un Zaccaï qui qualifie JC comme Jésus Christ d'" inconscience": " J'ai eu envie de foncer, de ne plus dépendre de l'accord de personne, de tourner à l'arrache, en famille (l'appartement où vit JC, c'est chez moi, sa maman dans le film, c'est ma femme). Je sais bien qu'il y a des défauts, des maladresses, mais on s'en fout, c'est un film sincère, avec mon énergie, ma voix. Il fallait qu'il existe. J'avais le besoin romantique de le faire!" " JC est comme un ectoplasme de toute l'absurdité de notre époque. Il est entièrement une création des médias. Est-ce un génie, ou pas? J'ai poussé les choses à l'absurde, en lui faisant poursuivre l'idée de film la plus con du monde: un biopic musical sur Dutroux! Une manière de mettre en question tous ces cinéastes qui font des choses provocantes, violentes, dures, inspirées par le pire en se donnant des alibis culturels à la mode du moment..." Jonathan Zaccaï s'énerve un peu face à ces modes " qui font de Justin Bieber le meilleur chanteur du monde, des affaires de Dominique Strauss-Kahn une info de dimension mondiale". Mais son sens de l'humour reprend vite le dessus, y compris en épinglant ses propres erreurs de réalisateur débutant. " Nous, les Belges, on se moque volontiers de nous-mêmes, mais cette autodérision signifie qu'on s'aime bien, au fond. En France, c'est différent, l'humour est souvent méchant, et dirigé vers les autres", commente un Zaccaï qui entend aujourd'hui s'atteler à un film plus écrit et moins déjanté. LIRE LA CRITIQUE DE JC COMME JÉSUS CHRIST DANS FOCUS DU 21/09. LOUIS DANVERS