"Dixie Blur"

Né en 1974 dans une petite ville de Caroline du Nord, Wilson quitte rapidement le lycée pour jouer une musique fragmentée entre influences folk, country, Beatles et bluegrass, un oncle ayant accompagné le légendaire Bill Monroe. Profil atypique pour l'auteur d'une demi-douzaine d'albums solo, également producteur de F...

Né en 1974 dans une petite ville de Caroline du Nord, Wilson quitte rapidement le lycée pour jouer une musique fragmentée entre influences folk, country, Beatles et bluegrass, un oncle ayant accompagné le légendaire Bill Monroe. Profil atypique pour l'auteur d'une demi-douzaine d'albums solo, également producteur de Father John Misty, Conor Oberst ou de Roy Harper. Organisateur de jams à Laurel Canyon menées avec Chris Robinson des Black Crowes, le même Jonathan est embauché dans la tournée mondiale 2017/2018 de Roger Waters où il interprète, entre autres, les parties floydiennes originellement chantées par David Gilmour. Vous secouez tout cela, vous y ajoutez une rencontre avec Steve Earle -notoire rebelle countryisant- et vous obtenez un album de grande musicalité. Enregistré avec la crème des musiciens de Nashville -pas la version Latte Starbucks- le disque propose quatorze folk-country-rock où l'on remarque forcément la pedal-steel guitar sinueuse, les accords mineurs de piano et le violon de Mark O'Connor qui donne une patte, au-delà de l'appartenance géographique de l'instrument. Ainsi, dans Pirates, son fiddle est aussi proche du Tennessee que des Balkans. Précisément la morale d'un disque de genre, si bien écrit, composé et interprété d'une voix crayeuse, qu'il universalise son propos. Avec des titres tels que le Just for Love d'ouverture, le In Heaven Making Love de milieu de disque et la brillante conclusion de Korean Tea, Wilson réussit un album d'envergure et d'écoute durable. De Nashville à Bruxelles.