Le culte voué à ce western féministe de 1954, en France particulièrement, est très spectaculaire. Il lui vaut des retours réguliers à la télévision et dans les salles de répertoire. Nicholas Ray est lui-même un ci...

Le culte voué à ce western féministe de 1954, en France particulièrement, est très spectaculaire. Il lui vaut des retours réguliers à la télévision et dans les salles de répertoire. Nicholas Ray est lui-même un cinéaste culte (Wim Wenders en a fait son acteur dans L'Ami américain avant de coréaliser avec lui son tout dernier film Nick's Movie en 1980). Rebelle aux conventions hollywoodiennes, il les a subverties avec autant de style que d'intelligence, du côté du film noir ( Traquenard) comme ici du western. Celui qui dirigea James Dean dans La Fureur de vivre (1955), son film le plus célèbre, signe avec Johnny Guitare une oeuvre tout à la fois flamboyante et âpre. Riche en échos, aussi. Car cette histoire de rivalité entre deux fortes femmes autour d'un homme (le Johnny du titre) a été écrite sous pseudonyme par un scénariste (Ben Maddow) interdit de travail par la chasse aux sorcières maccarthyste. Et on peut y voir des allusions au sinistre air du temps...