"The Gospel According to Water"

Que faire lorsque tu te découvres une maladie potentiellement fatale -un cancer de la prostate-, que tu as 58 ans et une carrière reconnue de musicien-producteur? Un album perso de chansons! C'est le scénario vécu par Joe Henry, Américain reconnu pour son travail avec des artistes aussi divers que T-Bone Burnett, Daniel Lanois, Elvis Costello, Van Dyke Parks, Billy Bragg, Brad Mehldau ou encore Ornette Coleman. Accordant à ces musiciens voguant entre underground et reconnaissance grand public un processus d'enregistrement qui privilégie à tout autre la nature organique des sons. Le principe s'applique également sur ce quinzième album solo d'Henry, qui l'a écrit en juin 2019 dans une " fureur de composition" suite à l'annonce du crash de santé débusqué quelques mois plus tôt. Bouclée en deux jours dans un studio de Los Angeles, la douzaine de chansons met en avant la voix réverbérée de Joe et les guitares acoustiques. Celles-ci dessinent un espace rêche et empathique, émanant du folk-blues traditionnel nord-américain, garni de quelques choeurs irrigués de gospel. Plutôt blanc que noir, et de sentiments totalement libérés. Effet présumé du cancer et d'une suite de vie toujours incertaine où la contrainte amène, paradoxalement, à ne plus limiter ses propres envies musicales. Par exemple, dans la beauté acharnée d'un titre tel que TheFact of Love ou les déambulations de Book of Common Prayer. Ce que l'auteur de ces moments attachants en dépit des circonstances considère aussi comme l'émanation d'un désir éperdu de romantisme...

Distribué par V2 Records.

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