Nouvelle adaptation du classique de H. G. Wells, cette Guerre des Mondes siglée Canal + se démarque nettement de toutes les précédentes retranscriptions du mythique hoax radiophonique d'Orson Welles à la touche Spielberg de 2005 sur grand écran. L'apocalypse se déroule ici, de manière triviale, entre la France et l'Angleterre. Dans son observatoire de l'IRAM (Institut de Radio-Astronomie Millimétrique), au coeur des Alpes, Catherine Durand (Léa Drucker) capte une transmission en provenance de l'exoplanète Ross 128b. Un petit tour à l'Otan plus tard, afin de présen...

Nouvelle adaptation du classique de H. G. Wells, cette Guerre des Mondes siglée Canal + se démarque nettement de toutes les précédentes retranscriptions du mythique hoax radiophonique d'Orson Welles à la touche Spielberg de 2005 sur grand écran. L'apocalypse se déroule ici, de manière triviale, entre la France et l'Angleterre. Dans son observatoire de l'IRAM (Institut de Radio-Astronomie Millimétrique), au coeur des Alpes, Catherine Durand (Léa Drucker) capte une transmission en provenance de l'exoplanète Ross 128b. Un petit tour à l'Otan plus tard, afin de présenter ses conclusions, le monde est en stand-by, comme un vulgaire lapin pris dans les phares d'une voiture. De l'autre côté de la Manche, le gouvernement anglais se prépare à une invasion mais n'en dit mot à sa population. Après une pluie de météorites, la majorité des humains sont décimés sous les effets d'un étrange champ magnétique, auquel ont échappé quelques miraculés réfugiés en sous-sol ou dans des lieux confinés. La série se focalise alors essentiellement sur les survivants français et anglais, et leur quête de réponses: un couple divorcé (Gabriel Byrne et Elizabeth McGovern), une mère de famille avec ses enfants à Londres, quand le père est à Paris, un réfugié réchappé de Calais et, sur les hauteurs de Grenoble, Catherine Durand, qui cherche sa soeur avec l'aide de militaires, alors que d'étranges droïdes à quatre pattes se glissent furtivement dans notre champ de vision. Difficile de savoir, au bout des deux premiers épisodes qui font lentement monter le suspense, si la série va entrer pleinement dans la SF, poursuivre la trame survivaliste qu'elle semble emprunter ou délivrer un message sur notre civilisation destructrice, technolâtre et égoïste. Inégale, lestée par une dramaturgie en dents de scie et des scènes de présentation de personnages qui retardent l'entrée en matière, cette Guerre des mondes semble toutefois privilégier la piste TheWalking Dead ou Black Summer dans son observation des instincts grégaires de la race humaine prise dans l'étau d'une extinction. Voir les personnages principaux errer hébétés dans les rues et les bâtiment jonchés de milliers de cadavres comme s'ils venaient simplement de tomber en panne sur l'autoroute est pour le moins dérangeant. L'atmosphère oppressante, par contre, monte lentement en crescendo en fin de chaque épisode, presque rituellement, réussissant à nous laisser dans une apnée de quelques minutes. Il sera intéressant de comparer cette approche avec celle de l'adaptation concoctée par la BBC, diffusée prochainement. Située, elle, dans l'Angleterre du début du XXe siècle, elle semble régler son compte, en trois épisodes efficaces, à l'illusion technologique de notre fragile humanité.