C'est beau une triennale qui voit le jour. C'est encore plus beau si elle reste programmée trois ans plus tard, quelles que soient les couleurs des législatures et des gesticulations politiques. Une seule recette pour cela: une programmation en béton et du fond... on n'a jusqu'ici rien trouvé de mieux pour faire venir le public. Bonne nouvelle, Intersections #1, manifestation consacrée à la création contemporaine à Tournai, s'élance du bon pied. Aux manettes -c'est toujours bon signe-, trois historiens de l'art: Robin Legge, Jeanne François et Lola Pirlet. Le tout pour un calibrage ambitieux qui entend aligner les événements selon un schéma de "trilogie de triennales". En clair, après l'édition 2019 consacrée à l'art contemporain, 2020 et 2021 seront respectivement estampillées "design et textile" pour la première et "l'architecture et l'art public" pour la seconde. La forme? Un parcours placé sous le signe de la mobilité douce. Pour le coup d'envoi, deux artistes ont été invités à prendre le centre-ville d'assaut: Dany Danino et Daniel Locus. Ceci en reliant dix lieux forts du patrimoine tournaisien: du Beffroi au Musée des Beaux-arts, en passant par le centre de la Tapisserie et les Halles aux draps. Graveur, peintre et dessinateur, Danino (Bruxelles, 1971) signe une oeuvre pour le moins fascinante. On a encore en mémoire ses dessins au bic bleu. Ceux-ci seront à découvrir entre autres du côté du Musée d'Histoire naturelle où l'intéressé propose une multitude d'oeuvres inspirées par les vitrines et les animaux des réserves. Locus (Tamines, 1951), quant à lui, déploie vidéos et photographies qui questionnent la réalité de tous les jours. C'est le cas au Musée d'art militaire où l'artiste propose une image purement poétique: elle porte le nom de Fontenoy et échappe à toutes les pesanteurs.

Triennale d'art contemporain, à 7500 Tournai. Jusqu'au 22/09.