Journaliste de cinéma au Nouvel Obs, habitué du Masque et la Plume comme du Cercle, scénariste pour Philippe de Broca ou Claude de Givray, réalisateur également, Alain Riou s'essaie, dans Instants critiques, au livre de souvenirs, exercice qu'il assortit d'une autocritique de la critique. " Certains vont au cinéma pour se distraire. Moi, c'est pa...

Journaliste de cinéma au Nouvel Obs, habitué du Masque et la Plume comme du Cercle, scénariste pour Philippe de Broca ou Claude de Givray, réalisateur également, Alain Riou s'essaie, dans Instants critiques, au livre de souvenirs, exercice qu'il assortit d'une autocritique de la critique. " Certains vont au cinéma pour se distraire. Moi, c'est par distraction que je suis venu au cinéma", raconte l'auteur. Allusion au fait que, jeune étudiant parti pour voir Hiroshima mon amour par suivisme avant tout, il se soit retrouvé par inadvertance devant Chantons sous la pluie, l'enchantement consécutif décidant de son parcours à venir. Des anecdotes savoureuses, l'ouvrage en recèle de nombreuses. Elles nourrissent une réflexion où, au départ de la réalité française, Riou embrasse d'un regard affûté et personnel l'activité critique sous ses différents aspects, s'appuyant sur un théorème fondateur de son cru: " Le bon cinéma est un art de chahuteur. La bonne critique un art de professeur". Si le ton se fait dès lors parfois didactique, il n'est ni pesant ni sentencieux, à quoi l'auteur préfère une légère ironie au service d'un enthousiasme jamais pris en défaut. Et la passion de transparaître alors qu'il passe en revue les mérites et faiblesses de la profession, les enjeux auxquels elle doit faire face également, allant jusqu'à suggérer " une dogma de la critique", imitée de celle initiée en leur temps par les Lars von Trier, Thomas Vinterberg et consorts. Une piste de réflexion parmi d'autres, pour un ouvrage éclairant ayant encore le bon goût, comme le sugwgère sa photo de couverture, variation sur L'Arroseur arrosé des frères Lumière, de ne pas se prendre au sérieux...