Documentaire de Christophe Cotteret.
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Documentaire de Christophe Cotteret. 8 Christophe Cotteret a mis deux années à remonter le fil ensanglanté d'une plaie encore béante. À travers le portrait de Paul Kagamé, fraichement réélu pour un troisième mandat controversé, c'est celui du Rwanda, théâtre du génocide le plus efficace du XXe siècle, celui des Tutsis en 1994, qui est dressé. Cotteret a réuni une masse documentaire colossale, étayée d'archives, de témoignages, pour tenter non pas de démêler une vérité de ses falsifications, mais de montrer une complexité qui pourrait être décourageante si ses tenants et aboutissants n'étaient si édifiants. Il faut en effet remonter l'histoire de ce petit pays peuplé de Tutsis et de Hutus que la domination coloniale belge n'a eu de cesse de dresser les uns contre les autres. Analyser le pouvoir hutu mis en place en 1961, l'émergence de l'Inkotanyi, mouvement politico-militaire fondé en 1987, d'où émergera Kagamé. Et puis le génocide, dont il est, à la vision de ces images, impossible de prétendre qu'il n'était ostensiblement préparé. Enfin la manière dont les pays Européens -nommément la France- ont attisé les braises du ressentiment. De ce paysage politique désolant émerge un portrait de Kagamé ni à charge ni hagiographique, qui souligne l'équilibre fragile d'un pays et d'une idée, le panafricanisme, qui tentent de s'élever au-dessus des cadavres d'un ethnisme mortifère. N.B.