Il est signé chez 4AD comme ses compatriotes d'Efterklang. A tourné aux Etats-Unis avec Perfume Genius. Et déjà fait un petit détour par l'Ancienne Belgique. Premier concert en février 2012, premier single en autoproduction en avril et premier album il y a de cela quelques semaines. Soren Lokke Juul n'est pas du genre à se rouler les pouces dans une paire de gants scandinave. Il y a peu, le Danois travaillait d'ailleurs encore comme jardinier. Huit heures par jour. "Je bossais pour une boîte qui gérait les espaces verts de gens extrêmement riches, raconte-t-il d'un calme olympien. C'était génial. Je pouvais écouter de la musiq...

Il est signé chez 4AD comme ses compatriotes d'Efterklang. A tourné aux Etats-Unis avec Perfume Genius. Et déjà fait un petit détour par l'Ancienne Belgique. Premier concert en février 2012, premier single en autoproduction en avril et premier album il y a de cela quelques semaines. Soren Lokke Juul n'est pas du genre à se rouler les pouces dans une paire de gants scandinave. Il y a peu, le Danois travaillait d'ailleurs encore comme jardinier. Huit heures par jour. "Je bossais pour une boîte qui gérait les espaces verts de gens extrêmement riches, raconte-t-il d'un calme olympien. C'était génial. Je pouvais écouter de la musique en bossant. Et le meilleur groupe pour travailler dans la nature, c'est incontestablement Animal Collective." Soren a grandi fourré dans la collection de disques de son paternel. "Il y a toujours eu beaucoup de musique à la maison. De la pop et du rock des années 60 et 70. Les Beatles (ndlr: son Lips Lips Lips commence comme une reprise de Penny Lane), les Rolling Stones, Neil Young, David Bowie, Pink Floyd, Bob Dylan... Ma mère, elle, a commencé à étudier le piano avec moi quand j'avais huit ans. Elle a arrêté tout de suite parce que j'allais trop vite pour elle. Ça m'a rendu très fier." Soren sourit. Ah oui, Soren a déjà 33 piges. Il a grandi dans une petite ville à trois heures de Copenhague. "J'ai commencé la musique dans un groupe à onze ans. On faisait du rock'n'roll et du blues. On jouait dans les fêtes d'école. Mais ce n'était pas cool d'être musicien. Je me suis donc mis au foot pour devenir plus populaire auprès des filles. Je jouais milieu gauche. J'avais une bonne vision du jeu." Depuis, le grand blond a été claviériste dans Mofus, un projet électro-rock disparu de la circulation, et a joué dans Let Me Play Your Guitar qui roulait en territoires folk. "Je n'avais jamais été le chanteur ou le meneur avant Indians. Je n'avais jamais vraiment écrit de chansons non plus." L'histoire d'Indians est à faire enrager tous les candidats de télé-crochets et les groupes préfabriqués du monde. "Quand j'ai écrit Magic Kids, j'ai décidé d'en tourner une petite vidéo pour la partager avec mes amis, retrace Soren. Je l'ai postée sur Facebook. Excité et en même temps nerveux à l'idée de savoir ce que mes potes en penseraient. Ces chansons sont très personnelles." Un blog suédois, That Hipster Porn, a rapidement prêché la bonne parole. "Les gens de chez 4AD m'ont découvert et contacté en janvier 2012, cherchant à savoir si j'avais d'autres morceaux à leur envoyer. Comme ce n'était pas le cas, ils m'ont demandé si j'étais prêt à en écrire et enregistrer d'autres. J'ai dû un peu me dépêcher. Les premiers concerts étaient prévus pour février et je n'avais rien à jouer. " La plupart des titres de Somewhere Else, disque de pop boisée et rêveuse teinté de touches électroniques, sont nés dans son home studio de Copenhague. Quelques autres ont germé dans une maison de campagne suédoise. "Il y a toujours des raisons qui expliquent qu'une musique sonne comme elle sonne. Si les Beach Boys sont les Beach Boys, c'est parce qu'ils vivaient au soleil et fumaient des pétards." SOMEWHERE ELSE (4AD) JULIEN BROQUET