Ca part mal. En préparant la rencontre avec Kris Dane, on tombe sur une interview récente, donnée à l'Avenir: "Le cow-boy bruxellois en a soupé des étiquettes americana. Et s'énerve un peu qu'on le réduise à la guitare folk et aux santiags." Pas de bol, on est justement venu lui parler de ça, tant son nouveau Rose of Jericho semble puiser dans les grands schémas américains. "OK, pas de souci", rassure l'intéressé. D'abord, un petit topo tout de même. Le nouvel album en question est le 3e solo d'une trajectoire dont le versant collectif est passé avant cela par Ghinzu et, plus brièvement, dEUS. Sorti il y a un peu plus d'un mois, son timing est parfait: Rose of Jericho est fait pour accompagner les crépitements du feu ouvert et les longues balades hivernales en forêt. Un album qui respire, rempli de guitares boisées, et de cordes aériennes, arrangées par l'Anglais Chris Elliott (il a travaillé notamment sur le Back To Black d'Amy Winehouse et les deux albums d'Adele). Il a été enregistré dans une grange retapée en studio, au fin fond des Ardennes flamandes. "Ce qui a permis de prendre son temps, ne pas être pressé par des horaires à respecter. J'avais l'impression d'avoir pondu une série de morceaux exceptionnels. Il fallait leur rendre justice en prenant toutes les mesures nécessaires." Rose of Jericho est donc typiquement le genre de disque qui peut être apprécié dès la première écoute, mais ne se savoure pleinement qu'après avoir légèrement décanté. En fait, il serait un peu à Kris Dane, ce que Sea Change fut à Beck (les similitudes entre Freebird et Lost Cause): l'album ample et lumineux qui assoit une discographie.
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