Capable du meilleur ( Whiplash, Get Out) comme du pire ( Paranormal Activity, Ouija), la société de production de l'Américain Jason Blum s'est, ces dernières années, essentiellement spécialisée dans les productions horrifiques à petit budget. Avec le succès commercial que l'on sait. Aujourd'hui, le label Blumhouse Productions s'invite sur Amazon Prime via une anthologie de quatre longs métrages ayant l'angoisse en ligne de mire. The Lie de Veena Sud et Black Box d'Emmanuel Osei-Kuffour Jr. ont ouvert le bal le 6 octobre dernier, avant d'être rejoints, la semaine suivante, par Evil Eye d'Elan et Ra...

Capable du meilleur ( Whiplash, Get Out) comme du pire ( Paranormal Activity, Ouija), la société de production de l'Américain Jason Blum s'est, ces dernières années, essentiellement spécialisée dans les productions horrifiques à petit budget. Avec le succès commercial que l'on sait. Aujourd'hui, le label Blumhouse Productions s'invite sur Amazon Prime via une anthologie de quatre longs métrages ayant l'angoisse en ligne de mire. The Lie de Veena Sud et Black Box d'Emmanuel Osei-Kuffour Jr. ont ouvert le bal le 6 octobre dernier, avant d'être rejoints, la semaine suivante, par Evil Eye d'Elan et Rajeev Dassani et Nocturne de Zu Quirke. Un tir groupé de quatre autres films rassemblés dans le même esprit devrait suivre en 2021, mais c'est peu dire que le concept ne convainc guère à ce stade. Réalisé par la showrunner et emmené par l'actrice principale de la série The Killing US, The Lie, assurément le plus faible du lot, joue la carte du dilemme moral en s'attachant aux tourments de deux parents prêts à tout pour couvrir le crime que leur confesse leur fille adolescente. Drame domestique à la dimension psychologique singulièrement limitée, ce remake poussif d'un film allemand de 2015 souffre d'un criant déficit de subtilité et de nuance. Porté par une mise en scène jouant assez grossièrement de la profondeur de champ et de la mise au point sursignifiante sur les visages, le film, beaucoup trop expéditif, échoue à peu près totalement dans son étude de la monstruosité humaine. Sous l'influence conjuguée de Black Mirror et Get Out (les séances d'hypnose), Black Box ne vaut guère mieux, qui repose sur une intrigue ampoulée plus ouvertement horrifique où il est question d'amnésie et de mémoire à uploader comme un vulgaire fichier. Tirés par les cheveux, les rebondissements ont souvent, ici, un goût de grand n'importe quoi. Tout comme, d'ailleurs, le final raté d' Evil Eye, histoire d'une malédiction à l'ésotérisme de bazar jouée et réalisée comme une mauvaise série ABC, mais ponctuellement sauvée par son intelligence d'écriture. Seul, au fond, le Nocturne de Zu Quirke mérite un tant soit peu le détour. On pense parfois à Grave, voire même à Carrie, face à ce film de campus malsain aux accents faustiens où deux soeurs jumelles rivales se défient dans une prestigieuse école d'art. Ses meilleurs moments concernent l'adolescence et le difficile passage à l'âge adulte, mais Nocturne n'atteint objectivement jamais le niveau de ses modèles, même s'il s'autorise d'intéressantes envolées mystiques et propose une vraie réflexion de fond sur l'ambition. Quoi qu'il en soit la proposition la plus aboutie de cet ensemble de films faiblards qui, pris isolément, n'auraient jamais fait l'événement.