Les récentes alarmes tirées par la Société de médecine dentaire à propos des ravages causés par le cannabis sur nos ratiches ne doit pas nous dissuader de mordre à pleines dents dans la nouvelle saison de livraisons de "The Guy". Ce dealer anonyme d'herbe qui fait rire à gorge déployée poursuit sa tournée des voisins et des clients dans un New York arpenté à bicyclette, dressant le portrait en creux d'une vie urbaine qui to...

Les récentes alarmes tirées par la Société de médecine dentaire à propos des ravages causés par le cannabis sur nos ratiches ne doit pas nous dissuader de mordre à pleines dents dans la nouvelle saison de livraisons de "The Guy". Ce dealer anonyme d'herbe qui fait rire à gorge déployée poursuit sa tournée des voisins et des clients dans un New York arpenté à bicyclette, dressant le portrait en creux d'une vie urbaine qui tour à tour rassemble, isole, désespère, réjouit, touche là où ça grince. Alors que le monde entier rugit, gronde et bruisse de fureurs autour d'eux, les membres de la petite faune new-yorkaise reliée par les courses de The Guy forment une constellation humaine qui tente vaille que vaille de se réconforter, trouver du sens, de s'évader ou de poser une tête sur une épaule accueillante. En cela, la deuxième saison de cet ovni télévisuel, prolongement d'une websérie de six saisons, a trouvé une profondeur nouvelle dans les replis d'un récit qui a choisi l'herbe -sa consommation récréative et son petit commerce inoffensif- comme support d'un portrait chinois sociétal drôle, empathique, percutant, tragique et qui, s'invitant chez l'habitant dans chaque épisode, questionne la famille, le couple, l'amitié, l'engagement politique, l'art, la tyrannie du bien-être... Et puis, comme un entorse à son scénario pourtant rôdé, le récit envoie The Guy à l'hosto après un accident un peu ridicule. Un bras plâtré lui rendant toute course impossible, le voilà face à lui-même, forcé de s'occuper de ses propres failles plutôt que de celles des autres. Une histoire de plus dans un chapelet qui peut faire rougir le contour des yeux, mais pas à cause d'un excès de fumette. Liberté de ton, dialogues informels, crus, puisés dans des expériences et un vécu manifestes, et servis par un casting d'acteurs et d'actrices relativement méconnus redonnent un petit goût de ciné indépendant particulièrement rafraichissant à cette série aussi modeste dans sa tonalité qu'universelle dans son propos.