L'animation chinoise est en constant développement, en qualité comme en quantité. Pourtant, nous ne recevons que trop rarement de ses nouvelles. La sortie en salles de Have a Nice Day n'en est que plus appréciable. D'autant que le film de Liu Jian, sélectionné en compétition au festival de Berlin, se signale tant par sa...

L'animation chinoise est en constant développement, en qualité comme en quantité. Pourtant, nous ne recevons que trop rarement de ses nouvelles. La sortie en salles de Have a Nice Day n'en est que plus appréciable. D'autant que le film de Liu Jian, sélectionné en compétition au festival de Berlin, se signale tant par sa facture que par son originalité. Loin de tout folklore et des verts paradis enfantins, il nous embringue dans une histoire criminelle à tiroirs et rebondissements traitée sur le double mode du film noir et de la comédie grinçante. Un sac bourré de billets y est volé dans le sud du pays, par le chauffeur d'un caïd de la pègre locale. Sitôt la nouvelle connue, s'engage une course-poursuite qui connaîtra plusieurs détours au fur et à mesure que le magot est subtilisé par d'autres personnages, moins recommandables les uns que les autres. Le tout dans une atmosphère tantôt décalée avec des dialogues d'humour macabre et tantôt rendue brutale par des poussées de violence rappelant un peu celles des films de Tarantino. Liu Jian a écrit lui-même le scénario de ce polar picaresque où se voit épinglée la folie de l'argent dans une Chine des bas-fonds que le régime n'aime pas voir exposée. D'où les pressions subies par le festival d'Annecy qui renonça finalement (et bien tristement) à le programmer... Avec son dessin réaliste, ses cadrages évoquant des cases de bande dessinée, son ambiance poisseuse et son parti d'en rire pour ne pas hurler, Have a Nice Day s'exporte pourtant bien.