L'antiquité grecque envahit la rentrée des scènes. En tête de peloton: Médée et îdipe. Wim Vandekeybus interprète îdipe dans Bêt Noir, version flash-back et compacte de Jan Decorte, au KVS. L' îdipe du compositeur oublié George Enescu est annoncé à la Monnaie par le percutant collectif "Fura Dels Baus"! La Monnaie reprend cette semaine Mé...

L'antiquité grecque envahit la rentrée des scènes. En tête de peloton: Médée et îdipe. Wim Vandekeybus interprète îdipe dans Bêt Noir, version flash-back et compacte de Jan Decorte, au KVS. L' îdipe du compositeur oublié George Enescu est annoncé à la Monnaie par le percutant collectif "Fura Dels Baus"! La Monnaie reprend cette semaine Médée de Cherubini dans la mise en scène moderne de Warlikowski. La danseuse butô, Carlotta Ikeda (Cie Ariadone), septuagénaire, revient avec un solo, Medea, écrit et lu sur scène par Pascal Quignard, à Bozar. Christophe Sermet crée Mamma Medea de Tom Lanoye au Rideau de Bruxelles tandis qu'Isabelle Huppert joue Irène, héroïne de Médée miracle, un film (2007) de Tonino de Bernardi à voir au Cinéma Arenberg, en présence de l'artiste. Médée en veux-tu en voilà, cette femme exilée pour l'amour de Jason qui la trahit. Elle tue alors leurs 2 enfants... La Monnaie propose d'ailleurs une conférence intéressante sur " Le meurtre et la mort de l'enfant au théâtre", par le critique français Georges Banu. Ce dernier nous explique cet engouement pour les Grecs: "Leurs textes proposent des postures existentielles extrêmement nettes, comme des archétypes. Ils nous questionnent à chaque fois, dans un rapport très violent: la trahison chez Médée, le respect des lois chez Antigone, la revanche chez Electre... Cela résonne dans ce monde de la confusion et de la discontinuité que nous vivons. Quant à Médée, elle répond à la conscience moderne: une étrangère, exilée, qui incarne la 1re manifestation du féminisme, par sa révolte contre Jason. Il y a un aspect prismatique chez Médée, même si les gens retiennent l'acte démesuré de son infanticide. Un acte désespéré qui, chez certains artistes, raconte implicitement un "no future"." Les tragédies grecques traversent les siècles, histoire de parler aux hommes dans la Cité. Comme Shakespeare ou Molière, elles sont indéboulonnables, souvent revues, à peine corrigées. A chaque génération d'artistes de s'y frotter, à chaque spectateur de s'y confronter... îDIPE/BÊT NOIR AU KVS DU 15/09 AU 01/10, MÉDÉA VERSION CARLOTTA IKÉDA, LES 23 ET 24/09 À BOZAR, EN OPÉRA: MÉDÉE DU 6 AU 22/09 ET OEDIPE, DU 22/10 AU 6/11, MAMMA MÉDÉA, DU 11 AU 23/10 DU RIDEAU DE BRUXELLES AU KRIEKELAAR. LE 18/9 ISABELLE HUPPERT AU CINÉMA ARENBERG POUR MÉDÉE MIRACLE. N.A.