Jackie Chan avait lancé la vogue du polar kung-fu à Hong Kong dans les années 70. Durant la décennie suivante, du sang neuf y fut injecté sous la forme d'une prise de pouvoir des femmes. Pas derrière la caméra, mais devant, où des héroïnes d'action jouant de la gâchette, des poings et des pieds reléguèrent les hommes au rang de faire-valoir. Sitôt né en 1985 avec un film intitulé... Yes, Madam! (avec Michelle Yeoh), le sous-genre fut baptisé Girls with Guns. Très vite après vint Angel, dont le succès fou inspira une foultitude de titres comprenant c...

Jackie Chan avait lancé la vogue du polar kung-fu à Hong Kong dans les années 70. Durant la décennie suivante, du sang neuf y fut injecté sous la forme d'une prise de pouvoir des femmes. Pas derrière la caméra, mais devant, où des héroïnes d'action jouant de la gâchette, des poings et des pieds reléguèrent les hommes au rang de faire-valoir. Sitôt né en 1985 avec un film intitulé... Yes, Madam! (avec Michelle Yeoh), le sous-genre fut baptisé Girls with Guns. Très vite après vint Angel, dont le succès fou inspira une foultitude de titres comprenant ce mot. Jusqu'à ces Angel Terminators (1 et 2) qui brillèrent au crépuscule du genre, début des années 90. Deux films dingues et terriblement cultes qu'une très belle édition en coffrets combo Blu-ray/DVD restitue dans toute leur explosive splendeur. Entre autres nombreuses curiosités, l'épisode 1 et l'épisode 2 n'ont, hormis le titre, presque aucun point commun! Le scénario du second film n'est pas la suite du premier, le casting est totalement différent à l'exception d'un ou deux petits rôles. Mais l'essentiel est là, les deux fois: actrices sublimes aux acrobaties osées, combats chorégraphiés, ballets mortels de corps et parfois de voitures (on peut penser à John Woo, la poésie en moins), montage percutant, traits d'humour déjanté, basculement dans l'ultra-violence et même dans la tragédie quand les héros meurent sans qu'on s'y soit attendu. Deux inspectrices de police confrontées à un caïd de la drogue ( Angel Terminators), une de leurs collègues et la fille en rupture de ban de son partenaire ( Angel Terminators 2), sont les héroïnes de récits hauts en couleur, menés à un rythme élevé, avec cette franchise très hongkongaise dans l'outrance qui permet de tout faire passer ou presque. Comme l'explique très justement un des excellents bonus, la caractéristique principale de ces femmes d'action est de ne pas devoir s'émanciper de qui ni de quoi que ce soit. D'emblée, elles savent tout faire. Elles tirent, sautent, frappent, capturent et tuent sans que le spectateur se voit infliger une phase d'apprentissage ou d'affranchissement comme dans les films américains. C'est comme ça, point barre. Allez vous étonner dès lors qu'un Quentin Tarantino puisse aimer follement ces Girls with Guns et leur rende un hommage fervent dans Kill Bill et dans ses films Grindhouse! Les noms des comédiennes illuminant le diptyque ne vous diront sans doute rien. Carrie Ng, Sharon Yeung, Yukari Oshima (japonaise et androgyne), Moon Lee et Sibelle Hu sont pourtant toutes formidables!