La formidable série britannique The Office avait réussi son adaptation américaine -à quelques détails près. Son pendant en milieu hospitalier, Getting On, a fait pareil il y a cinq ans lorsque ses créateurs, Jo Brand, Joanna Scanlan et Vicki Pepperdine, ont accepté de livrer une version US...

La formidable série britannique The Office avait réussi son adaptation américaine -à quelques détails près. Son pendant en milieu hospitalier, Getting On, a fait pareil il y a cinq ans lorsque ses créateurs, Jo Brand, Joanna Scanlan et Vicki Pepperdine, ont accepté de livrer une version US de cet objet satirique qui réussit à capter un fait trop souvent passé sous silence: la souffrance du personnel hospitalier. Cinq ans avant Hippocrate en France, sur un ton résolument décalé, Getting On dépeint le quotidien désabusé du département gériatrique d'un hôpital ordinaire, dont les membres (médecins, infirmières, aides-soignants...) sont dans un état de décomposition psychique avancé. Dans une ambiance globalement glauque, oppressée, évoquant les burn-out à répétition observés dans la réalité, la série prend le contre-pied de l'image qui a prévalu dans toutes les fictions cliniques. Là où les patients souffrent dans leur chair, le staff souffre dans son âme, s'agrippe aux dérisoires signes de reconnaissance d'un métier rendu de moins en moins gratifiant et efficient par les coupes budgétaires et le règne de la rentabilité. Dans ce tonneau des Danaïdes d'où s'échappent les meilleures volontés, le professionnalisme surnage, l'humanité barbote comme elle peut et la comédie grinçante fait mouche. On rit. Jaune, mais on rit.