Game of Thrones perd le nord. Dans cette avant-dernière saison expédiée rapidos et avec moult fracas, le danger vient de partout. Alors qu'au-delà du Mur la horde des Marcheurs Blancs s'apprête à traîner mort et désolation jusqu'à eux, les têtes couronnées se chamaillent comme des enfants. Après une sixième saison magistrale, le jeu de rôles se resserr...

Game of Thrones perd le nord. Dans cette avant-dernière saison expédiée rapidos et avec moult fracas, le danger vient de partout. Alors qu'au-delà du Mur la horde des Marcheurs Blancs s'apprête à traîner mort et désolation jusqu'à eux, les têtes couronnées se chamaillent comme des enfants. Après une sixième saison magistrale, le jeu de rôles se resserre autour de Jon Snow, Cersei Lannister et Daenerys Targaryen. Mais à présent que la saga s'est affranchie du livre de George R. R. Martin, qu'il lui reste deux petites saisons, faire vivre la menace des Marcheurs Blancs, les multiples arcs narratifs et tout un univers aux frontières de l'épique et du mytique est un défi qui a obligé la production à se surpasser visuellement mais, surtout, à opter pour des raccourcis hallucinants qui renvoient l'ensemble aux frontières du grotesque et du WTF. Ce qui prenait une saison à mettre en place est expédié ici en quelques minutes. Les destins de Arya et Sansa Stark, Tyrion et Jaime Lannister, Sandor Clegane, Jorah Mormont, Ser Davos, Brienne de Torth -et la famille Greyjoy en plein biribi-, ne perdent pas grand-chose de leur attrait. Mais, de scènes de batailles homériques en actions dignes du Peter Jackson le plus outrancier, la septième saison, qui promettait le triomphe des femmes, se solde sur un bilan qui mouline le Nazgûl du Seigneur des Anneaux, le messianisme Jedi et du World War Z proto-médiéval. Un gâchis sauvé in extremis, en bonus, par quelques making of qui documentent la mue de la plus imposante série du XXIe siècle en blockbuster vulgaire et tapageur.