Pour le clip de leur dernier single, Live Those Days Tonight, les Friendly Fires ont fait simple: des extraits vidéo du Summer of love. Celui de 1988, pas de 67, quand l'acid house devenait la bande-son d'une gigantesque rave nationale. Une utopie dance made in UK à laquelle viendra se ressourcer joyeusement le rock. Pas question de nostalgie: à l'époque, Ed MacFarlane, Jack Savidge et Edd Gibson, nés au milieu des années 80, gobaient moins des pilules d'XTC que de rouleaux de fruit fizzers multicolores. Cela en dit néanmoins beaucoup sur l'éthique et l'esthétique de ces anciens indie-rockeux, convertis aux célébrations ...

Pour le clip de leur dernier single, Live Those Days Tonight, les Friendly Fires ont fait simple: des extraits vidéo du Summer of love. Celui de 1988, pas de 67, quand l'acid house devenait la bande-son d'une gigantesque rave nationale. Une utopie dance made in UK à laquelle viendra se ressourcer joyeusement le rock. Pas question de nostalgie: à l'époque, Ed MacFarlane, Jack Savidge et Edd Gibson, nés au milieu des années 80, gobaient moins des pilules d'XTC que de rouleaux de fruit fizzers multicolores. Cela en dit néanmoins beaucoup sur l'éthique et l'esthétique de ces anciens indie-rockeux, convertis aux célébrations dance et aux vertus hédonistes d'un clubbing extatique. Les 3 viennent de St-Alban, à une quarantaine de kilomètres de Londres (où, selon Wikipédia, ont notamment vécu Francis Bacon, Stanley Kubrick. Et Benny Hill). Ils se rencontrent à l'école, groupe de potes qui dès 14 ans commencent à faire du bruit dans le garage des parents de MacFarlane. Premières reprises de Green Day, auxquelles s'enchaîne la pose post-rock à coups de longs instrumentaux plus ou moins bruitistes. Et puis, un jour, le retour à la raison, et aux 4 minutes couplet-refrain-couplet. Edd Gibson: "On avait ce titre en particulier. On s'est arraché les cheveux dessus pour le faire tenir en 3 minutes. Cela nous a pris beaucoup plus de temps que tout ce qu'on avait pu faire avant. C'est compliqué d'arriver à taper juste dans un carcan défini, mais au final c'est beaucoup plus gratifiant. " Le morceau s'intitule Photobooth. Il se trouve sur le premier album éponyme du groupe, sorti en 2008. On y retrouve également les titres Paris ou Jump in the Pool qui achèveront de convaincre sur le pouvoir de séduction du trio. Sorti sur XL, label d'Adele ou The xx, le disque buzze. Il se retrouve même sélectionné pour le prestigieux Mercury Prize. Il est cependant isolé sur la scène musicale anglaise. Non seulement le trio oublie de se la jouer, comme le veut une certaine tradition nationale, mais il ne cache pas non plus ses tendances punk-dance qui le rapprochent par exemple du trip des Américains de LCD Soundsystem. L'an dernier, le groupe sort d'ailleurs un mix assez jouissif pour la série dance Suck My Deck, où se mélangent funk, house, techno... Aujourd'hui, les Friendly Fires sortent enfin un 2e album. Pour en arriver au bout, MacFarlane a dû notamment s'isoler dans une ferme normande, du côté d'Yvetot. "Le chauffage central ne fonctionnait plus, je devais couper du bois pour me chauffer. Il n'y avait pas de télévision, pas d'Internet. C'était parfait. " Par réaction (?), Pala est d'autant plus euphorique. Plus homogène aussi, le chanteur en profitant pour corriger le tir: "Je ne nous ai jamais vus comme un groupe indie ou un groupe dance. Quand je pense par exemple à la dance music, j'imagine des morceaux très longs, dominés par la basse et le beat. Je ne crois pas que notre musique soit comme ça. Elle est davantage basée sur la guitare. Elle est également plus instantanée, directe. En fait, on est avant tout un groupe pop. " Ce n'est pas plus mal. FRIENDLY FIRES, PALA, XL RECORDINGS. EN CONCERT AU PUKKELPOP, LE 18/08, AU PUKKELPOP. LIRE AUSSI LA CRITIQUE DE PALA EN PAGE 37. LAURENT HOEBRECHTS