Cent quarante hectares au milieu des bois, des ruisseaux, des rochers, des cerfs, des renards, des lucioles et des blaireaux (enfin, ça, il y en a dans tous les festivals). Du 2 au 4 septembre germera à Heer-Sur-Meuse la première édition du festival Deep in the woods ( voir infos pratiques pages 18-19). Un événement intime (pas plus de 700 spectateurs) et sans camping mais avec des dortoirs, des "suites" familiales et une petite dizaine d'artistes apaisants comme le Bony King of Nowhere ou Clare Louise. Puis aussi du cinéma, de la photo et des arts visuels...
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Cent quarante hectares au milieu des bois, des ruisseaux, des rochers, des cerfs, des renards, des lucioles et des blaireaux (enfin, ça, il y en a dans tous les festivals). Du 2 au 4 septembre germera à Heer-Sur-Meuse la première édition du festival Deep in the woods ( voir infos pratiques pages 18-19). Un événement intime (pas plus de 700 spectateurs) et sans camping mais avec des dortoirs, des "suites" familiales et une petite dizaine d'artistes apaisants comme le Bony King of Nowhere ou Clare Louise. Puis aussi du cinéma, de la photo et des arts visuels... Tel le All Tomorrow's Parties (on vous recommande, chez Warp Films, le DVD dont il a fait l'objet) qui se déroule à Mine-head, une coquette station balnéaire du Somerset, le Deep in the woods se déroulera dans un centre de vacances. Celui de Massembre. A une vingtaine de bornes de Dinant. Un lieu généralement squatté par les mouvements de jeunesse, les écoles, les entreprises et les familles... Il est devenu difficile de se distinguer dans la masse grouillante de festivals qui animent chaque année en musique des plus grandes villes aux plus petits patelins. A fortiori quand on voit le nombre de nouveaux venus qui ont fleuri au beau milieu de nos campagnes et se multiplient ces derniers temps dans les pays de l'Est. Certains sont parvenus à se créer une véritable identité avec des affiches très ciblées et/ou particulièrement pointues. Graspop, Hellfest et autre Bang Your Head font de l'£il aux métalleux. Reggae Geel, Garance Reggae et Irie Vibes draguent clairement le rasta. Là où le Primavera abat juste la carte de l'excellence. D'autres se sont fait un nom, un public, une histoire en investissant des lieux grandioses, somptueux, enchanteurs ou tout simplement décalés. Esperanzah!, le festival des musiques engagées, nomades et plurielles, a installé ses musiciens bariolés sur le site de l'Abbaye de Floreffe. Les groupes remplacent les taureaux pendant le Rock Oz'Arènes à Avenches. Et on ne compte plus, de Hertford à Mülheim en passant par Trakai, l'ancienne capitale médiévale de la Lituanie, les événements musicaux s'installant dans des cours de châteaux ou aux pieds de forteresses. C'est presque devenu un minimum syndical. Des tas de festivals aux 4 coins du monde abattent la carte de l'Histoire et du patrimoine. Alors, aujourd'hui, si on veut vraiment se démarquer, il faut proposer une expérience. L'Axion Beach, avant de disparaître dans les box de l'hippodrome d'Ostende, se déroulait il y a 10 ans sur la plage de Zeebruges, les yeux dans l'eau et les pieds dans le sable. Le Festival au désert, du sable, il nous en met jusqu'aux oreilles. Lancé en 2001 avec 2 ou 3 groupes, quelques journalistes et une petite sono dans le but de célébrer la vie des nomades, l'événement malien est organisé dans une des zones les plus difficiles et pauvres de la planète. D'abord itinérant, puis implanté à Essakane, à 65 km et 2 heures de piste de Tombouctou, le festival a déménagé à quelques bornes seulement de la ville aux 333 saints. Au début, l'idée était que chacun y débarque avec son chameau et sa nourriture. C'était avant que de nombreuses agences de voyage inscrivent le rendez-vous dans leurs catalogues. Les touristes/festivaliers s'installent tout de même dans un campement avec des Touaregs, des chameliers et leurs troupeaux. Se laissent bercer par Tinariwen et Vieux Farka Touré. Si les Eurockéennes de Belfort investissent une presqu'île, le splendide site naturel du Malsaucy, c'est au beau milieu du Danube, sur l'île d'Obuda, que vibre le Sziget. Et en pleine mer du Nord, sur l'île de Vlieland, que se déroule début septembre, pendant 3 jours, le festival hollandais Into the great wide open (avec cette année Kurt Vile, Junip, Kings of Convenience...). Comptez une heure et demie de bateau avant d'avoir rejoint son millier d'habitants. Vaut mieux pas oublier son ticket à la maison. Pour ceux qui ont le pied marin, il existe même des festivals sur l'eau. Son nom aurait du mal à le cacher. Le Rock Boat a lieu sur un bateau. Un énorme paquebot avec des groupes américains qu'on ne connaît ni d'Eve ni d'Adam, des piscines, des restos et un casino. Encore plus fort? The Underwater Music Festival. L'événement, porteur d'un message écolo, est plus ludique et symbolique qu'artistique. Depuis pratiquement 30 ans, la réserve nationale de Florida Keys, dans le sud des Etats-Unis, accueille chaque année le festival de musique sous-marine. Les plongeurs et les poissons se promènent parmi des £uvres d'art installées sous eau en écoutant Yellow Submarine des Beatles et des chants de baleine diffusés grâce à des haut-parleurs accrochés sous les bateaux. Les organisateurs poussent même le bouchon jusqu'à programmer en live un groupe dont tous les membres sont équipés d'instruments aquatiques spécialement conçus pour l'occasion. Sont cinglés ces Américains... l TEXTE JULIEN BROQUET