Poursuivant une politique de restauration inspirée, Elephant propose trois films noirs tels qu'Hollywood les produisait en série dans les années 40, échantillon illustrant les déclinaisons qu'a pu connaître le genre. Adapté de Don Tracy par Robert Siodmak en 1949, Pour toi j'ai tué ( Criss Cross en vo) consacrait les retrouvailles du réalisateur avec la star des Tueurs, Burt Lancaster. L'acteur y incarne Steve Thompson, un convoyeur de fonds hanté par le souvenir de son ex-femme, Anna (Yvonne De Carlo), désormais acoquinée avec un gangster, Slim Dundee (Dan Duryea). Et qui, de retour à Los Angel...

Poursuivant une politique de restauration inspirée, Elephant propose trois films noirs tels qu'Hollywood les produisait en série dans les années 40, échantillon illustrant les déclinaisons qu'a pu connaître le genre. Adapté de Don Tracy par Robert Siodmak en 1949, Pour toi j'ai tué ( Criss Cross en vo) consacrait les retrouvailles du réalisateur avec la star des Tueurs, Burt Lancaster. L'acteur y incarne Steve Thompson, un convoyeur de fonds hanté par le souvenir de son ex-femme, Anna (Yvonne De Carlo), désormais acoquinée avec un gangster, Slim Dundee (Dan Duryea). Et qui, de retour à Los Angeles après une longue absence, va renouer avec elle pour être aussitôt aspiré dans un engrenage criminel qui le verra monter un projet de hold-up audacieux afin de détourner les soupçons de son rival... De Phantom Lady à The Spiral Staircase, Robert Siodmak s'est imposé comme l'un des maîtres du film noir. Criss Cross ne fait pas exception, la fatalité imprégnant jusqu'à sa mise en scène, tendue vers un destin funeste dont la femme fatale serait l'instrument. Un classique. Fritz Lang ne portait pas Espions sur la Tamise en haute estime, expliquant à Peter Bogdanovich qu'à la découverte du scénario tiré du livre de Graham Greene, il avait voulu rompre son contrat. Sans approcher des chefs-d'oeuvre de l'auteur de M le maudit, ce film d'espionnage aux accents hitchcockiens ne manque cependant pas d'arguments. L'action se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale. Libéré après une période d'internement, Stephen Neale (Ray Milland) entre accidentellement en possession d'un gâteau contenant des microfilms destinés à des espions nazis. La traque cauchemardesque qui s'ensuit, à défaut d'être toujours crédible, dispense un appréciable sentiment de paranoïa, et le film s'inscrit dans la continuité de l'oeuvre de Lang, dont il décline diverses thématiques, du complot à la société secrète. Enfin, surtout connu pour ses films d'aventures exotiques, Zoltan Korda ( Elephant Boy, The Jungle Book) signait, avec La Vengeance d'une femme, d'après Le Sourire de la Joconde d'Aldous Huxley, un drame aux contours éminemment "noirs". Au décès de sa femme souffrant d'un mal incurable, Henry Maurier (Charles Boyer) se remarie avec une jeune ingénue, Doris (Ann Blyth), au vif désappointement de Janet (Jessica Tandy), confidente à qui il avait laissé croire qu'il partageait son amour. L'intrigue qui s'ensuit est vénéneuse à souhait, Korda convoquant les éléments, mais aussi la psychanalyse pour signer en outre un délectable portrait de femme -fatale à sa façon. Présentations en bonus.