" Vous savez, les rues, les collines, n'ont plus rien d'innocent désormais. Elles portent en elles la mémoire de ce qui s'est passé. Alors, est-ce qu'on peut recréer dans ces lieux une sorte d'état d'innocence qui nous permette de nous ouvrir et d'accue...

" Vous savez, les rues, les collines, n'ont plus rien d'innocent désormais. Elles portent en elles la mémoire de ce qui s'est passé. Alors, est-ce qu'on peut recréer dans ces lieux une sorte d'état d'innocence qui nous permette de nous ouvrir et d'accueillir celui qui vient, qui est là, ou reste-t-on dans la suspicion?" Ainsi s'interroge Carole Karemera, comédienne née en Belgique de parents rwandais et qui a fondé à Kigali la plateforme artistique Ishyo Arts Centre. C'est à son initiative qu'aura lieu au Théâtre Varia, en commémoration des 25 ans du génocide rwandais, Rwanda Event, regroupant plusieurs spectacles, dont certains destinés au jeune public. C'est le cas des Enfants d'Amazi, fable se déroulant dans la région des Grands Lacs, et de Pinocchio le Kikirga, revisitant le conte de Collodi à travers la vie quotidienne en Afrique de l'Ouest. On pourra également y (re)voir La Cantate de Bisesero, chapitre ultime et musical de la pièce-fleuve Rwanda 94 créée en 2000 par le Groupov. We Call It Love, de l'écrivain sénégalais Felwine Sarr et inspiré d'une histoire vraie, place face à face une femme et le bourreau du fils de celle-ci tué lors du génocide. Une veillée multidisciplinaire, Africa Night, complète le programme.