"Calenture and Light Leaks"

Enregistré il y a quatre ans, Calenture serait (plus ou moins) le 52e album en duo d'un saxophoniste qui a joué dans cette formule avec les instrumentistes les plus variés que l'on puisse imaginer. Même s'il n'est ni le seul ni le premier, il ne fait aucun doute que nous tenons là l'un des chefs-d'oeuvre de sa discographie mais aussi du genre, tous styles et époques confondus. Captées live, les deux plages de longueurs inégales atteignent une plénitude et une beauté qui n'est comparable qu'aux plus grands sommets de l'Histoire du jazz et de la musique improvisée -ceux du Parker de la fin des années 40, de Giuffre au début des années 60, du dernier Coltrane, de Shorter et de Miles entre 1967 et 1969, du Cecil Taylor des séjours berlinois de 1989 et 1991, d'Anthony Braxton au début des années 90. La maîtrise de l'instrument (ici le ténor) comme l'inspiration qui traverse l'autre Parker n'a aucun équivalent aujourd'hui comme l'illustre sa science de la respiration circulaire, d'une musicalité inégalée. Paul G. Smyth, son cadet de 30 ans, se montre à la hauteur du maître en jouant souvent dans les cordes du piano avec un son à la "lisibilité" parfaite.

Weekertoft (weekertoft.com).

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