"Shapes in Twilights of Infinity"

" Oui, il y a sans doute dans Shapes un côté plus jazz, plus codifié, peut-être même plus funky qu'en solo. Et puis, ma musique est pas mal basée sur cette idée de cycle", précise Esinam . De fait, l'album s'ouvre et se termine par un Pro...

" Oui, il y a sans doute dans Shapes un côté plus jazz, plus codifié, peut-être même plus funky qu'en solo. Et puis, ma musique est pas mal basée sur cette idée de cycle", précise Esinam . De fait, l'album s'ouvre et se termine par un Prologue/Epilogue. Et la sensation au sortir de ces onze titres tient effectivement de l'ordre de la boucle bouclée, d'une musicalité revenant sous couvert de variations multiples. Le disque possède les qualités des musiques qui bougent lorsqu'on les enregistre. Du jazz, Esinam a donc conservé des improvisations qui se marient aisément à l'électronique, aux fluctuations de la basse et de la batterie soudées, et puis à cette guitare mordante, agile, épicée. On aime la non-linéarité des morceaux: pour la plupart instrumentaux, ils se déploient avec des sous-chapitres, des rebonds rythmiques ou mélodiques, et des surprises nuançant l'attente. Parmi les beaux moments, on coche New Dawn -sa flûte enchanteresse-, le rêveur Let It Be et toute la construction de Birds Fly, introduit par un xylophone spleen. Sans oublier Lost Dimensions, le moment le plus funky, emmené par une guitare que n'aurait pas reniée George Benson...