"Quivering in Time"

Quand le confinement s'est imposé, Eris Drew n'a pas hésité longtemps: elle a quitté Chicago pour se terrer à la campagne, au milieu des bois, dans le New Hampshire. Étonnant? Pas forcément quand on sait que la DJ a toujours imaginé la danse comme une expérience dépassant la simple sortie en club, reliant l'extase du mouv...

Quand le confinement s'est imposé, Eris Drew n'a pas hésité longtemps: elle a quitté Chicago pour se terrer à la campagne, au milieu des bois, dans le New Hampshire. Étonnant? Pas forcément quand on sait que la DJ a toujours imaginé la danse comme une expérience dépassant la simple sortie en club, reliant l'extase du mouvement syncopé avec des préoccupations plus spirituelles, quasi chamaniques -au point d'imaginer le concept de Motherbeat, groove à la fois émancipateur et rassembleur. Recluse dans son chalet, loin de l'agitation de la ville, Eris Drew n'a pas perdu de vue cette idée. Au contraire. Avec son compagnon, Octo Octa, ils ont ramené leur matériel, et commencé à diffuser des DJ sets via YouTube. Dans la foulée, la productrice de 46 ans s'est également lancée dans la composition de nouveaux morceaux. Rassemblés sur Quivering in Time, ils forment un premier album irrésistible. Loin des longues méditations ambient qu'aurait pu suggérer la retraite en pleine nature, Eris Drew aligne une petite dizaine de bombinettes house. Dès Time To Move Close, la fête est lancée, le kick joyeusement élastique, rappelant le summer of love -celui de 1989, pas le rassemblement hippie organisé 20 ans plus tôt. Plus loin, sur Ride Free, elle se permet même de citer le fameux "We wanna get loaded", repris d'un dialogue du film The Wild Angels (et rendu culte par le morceau de Primal Scream). Hédoniste ( Sensation), sensible ( Baby), Quivering in Time est le disque euphorisant par excellence, parfait antidote pour résister à la déprime saisonnière.