La dimension classique d'Enrico Pieranunzi n'est plus à établir: enfant à la fois de la musique savante européenne (romantique mais aussi, comme beaucoup de pianistes de jazz, sous l'influence impressionniste de Ravel et Debussy) et du maître Bill Evans, l'Italien...

La dimension classique d'Enrico Pieranunzi n'est plus à établir: enfant à la fois de la musique savante européenne (romantique mais aussi, comme beaucoup de pianistes de jazz, sous l'influence impressionniste de Ravel et Debussy) et du maître Bill Evans, l'Italien a toujours navigué entre ces deux pôles dont il ne s'est jamais réellement éloigné. Moins original que Martial Solal (ou Bobo Stenson), Pieranunzi n'en reste pas moins l'un des plus talentueux pianistes européens en activité et cet hommage à Claude Debussy en trio et, parfois, en quartette (André Ceccarelli, batterie, Diego Imbert, contrebasse, David El Malek, saxophone, Simona Severini, chant) se révèle sincère et personnel. Les plages chantées (quatre sur les onze titres) sont les plus décevantes et leur mariage avec le jazz n'ajoute rien à ces mélodies que la prononciation parfois difficile de son interprète (italienne) rend vraiment facultatives. Heureusement, les autres pièces empruntées à Debussy ( Valse romantique, Ballade, Rêverie, Nuit d'étoiles, Golliwogg's Cakewalk, etc.), qui ont toutes fait l'objet d'un arrangement, sont d'un niveau supérieur que réussissent (presque) à égaler Blues for Claude et My Travel with Claude, deux titres signés par Pieranunzi, rendant un double hommage, sensible, au maître vénéré.