Le livre, qui n'en est pas vraiment un, n'a pas de titre non plus. On l'appelle (S.E.N.S), mais sur la couverture de cet objet graphique, et narratif, il n'y a qu'une flèche, noire sur fond blanc, et une case simple, d'un homme en pardessus et chapeau regardant l'horizon. Il nous rappelle évidemment quelqu'un, Julius Corentin Acquefacques, qui se lit "Kafka" à l'envers et dont Mathieu a déjà conçu, c'est le terme, six albums. Mais ce n'est pas lui. "Son grand frère philosophique peut-être, son cousin, son beau-frère... Je ne sais pas. Je peux simplement dire que je le voulais "autre", je ne voulais pas qu'on voit son regard, qu'on puisse essayer de s'y identifier. Julius est lui aussi un personnage sans psychologie, un objet de transfert, vide, mais qui permet de se projeter. Cet individu ne compte pas mais il est très important. Important comme "tuyau" mais tellement insignifiant qu'il en devient universel." Un homme sans nom, sans visage mais à chapeau, et qui sans un mot non plus, va suivre la flèche, et son lecteur avec lui. Et ainsi entrer dans un voyage en noir, gris et blanc, fait de 256 cases -une par page-, uniquement constituées de flèches, de silence, de désert, d'abs...