C'est l'un des visages de la rentrée télé en France. Grande métisse franco-camerounaise, Elizabeth Tchoungui a le sourire "fannyardantesque", et les inflexions de voix soignées qui vont avec. Les vagues traces, imagine-t-on, d'une éducation de fille de diplomate (son père, camerounais), trimballée d'un lycée français à un autre. De Washington (où elle est née, en 1974, d'où le "z" anglais de son prénom retenu par l'administration US) à l'Italie, de la France au Cameroun en passant par la... Belgique, de 10 à 13 ans. "C'est une chance de pouvoir découvrir des cultures différentes. Et puis je pense que...

C'est l'un des visages de la rentrée télé en France. Grande métisse franco-camerounaise, Elizabeth Tchoungui a le sourire "fannyardantesque", et les inflexions de voix soignées qui vont avec. Les vagues traces, imagine-t-on, d'une éducation de fille de diplomate (son père, camerounais), trimballée d'un lycée français à un autre. De Washington (où elle est née, en 1974, d'où le "z" anglais de son prénom retenu par l'administration US) à l'Italie, de la France au Cameroun en passant par la... Belgique, de 10 à 13 ans. "C'est une chance de pouvoir découvrir des cultures différentes. Et puis je pense que c'est aussi cette enfance nomade qui a développé ma curiosité et m'a menée vers le journalisme."Au moment de se lancer dans les études supérieures, Elizabeth Tchoungui s'inscrit donc à la prestigieuse Ecole de journalisme de Lille -ce qui lui permet au passage de continuer à cultiver sa fibre belge ( "on allait tout le temps voir des concerts à Gand, à Courtrai... "). A l'ESJ, elle s'oriente rapidement vers la télé, "le média que je connaissais le moins", mais qui lui permet de toucher le plus de monde. A la sortie, premières piges chez TF1, présentation sur Canal J, documentaire pour Canal +... avant que le virus de la culture ne la rattrape. "Un jour, Arte m'a appelée pour assurer le direct lors de la Love Parade. Je me suis retrouvée à Berlin, dans un ensemble de squats d'artistes, sous la pluie, dans la boue. Dès que l'émission a commencé, mon oreillette avec la traduction s'est plantée. Je me suis retrouvée à discuter pendant une heure et demi avec mon camarade allemand, sans comprendre un mot de ce qu'il disait!, rigole-t-elle . Au-delà de l'anecdote, j'ai adoré la culture sur le terrain. Globalement, les écrivains, les musiciens... ont beaucoup de choses à dire. Un artiste ne peut pas être ennuyeux. Il suffit de prendre assez de temps pour l'écouter."Aux commandes d' Avant-premières, dès le 7 septembre ( lire page 66), Elizabeth Tchoungui, et ses "chroniqueurs", devraient donc laisser la sulfateuse au vestiaire. "Il s'agira de donner envie, de susciter du désir. Le mot magique, c'est le plaisir." Le dézinguage gratuit d'invités donc, très peu pour elle. "La démarche artistique demande énormément d'ego, mais aussi pas mal de courage." La jeune femme en sait d'ailleurs quelque chose, elle qui a notamment déjà publié 2 romans (le plus récent, Bamako Climax, chez Plon). Aujourd'hui, l'ex-présentatrice des Maternelles (France 5) s'apprête donc à relever un beau défi. "J'en rêvais depuis longtemps. Mes choix ont été dirigés vers ce genre de projet." Une forme de consécration pour celle qui fait volontiers référence au parcours d'un Jacques Chancel. "Il va finir par croire que je lui passe la pommade, sourit-elle , mais Le Grand échiquier reste quand même un modèle." Y compris en ouvrant à toute une série de disciplines moins médiatisées (architecture, BD...) ou en faisant sauter le verrou entre culture populaire et classique. "Johnny Hallyday qui joue à la rentrée dans une pièce de Tennessee Williams, c'est quoi? Pour moi, la distinction n'existe pas... " LAURENT HOEBRECHTS