Puisque c'en est bientôt fini des beaux jours, il va falloir tout doucement s'armer contre l'hégémonie prochaine de l'obscurité. Pour ne pas déprimer à l'idée de se sentir coincé sous un couvercle de poubelle pendant plusieurs mois, on suggère une bonne séance de chromothérapie. La bonne nouvelle c'est que l'exposition en cours à la galerie Alice constitue une belle opportunité de se soigne...

Puisque c'en est bientôt fini des beaux jours, il va falloir tout doucement s'armer contre l'hégémonie prochaine de l'obscurité. Pour ne pas déprimer à l'idée de se sentir coincé sous un couvercle de poubelle pendant plusieurs mois, on suggère une bonne séance de chromothérapie. La bonne nouvelle c'est que l'exposition en cours à la galerie Alice constitue une belle opportunité de se soigner par la couleur. Aux pinceaux, Todd James, artiste new-yorkais né en 1969. La logique voudrait qu'on ne présente plus celui qui s'est fait connaître dans la rue sous le pseudonyme de REAS mais on rappellera tout de même que James a signé des artworks pour les Beastie Boys, Eminem et Kid Rock. Notons également qu'aux États-Unis, il est l'égal d'un Barry McGee ou d'un Steve Powers, deux compères avec qui il s'est fait remarquer lors de la mythique exposition Street Market dans l'ancienne galerie Deitch Projects. Plus proche de chez nous, il est possible de voir son travail sur les murs de la station de métro Beaux-Arts à Charleroi. Pour son troisième accrochage bruxellois, l'intéressé affirme les contours fluides de son oeuvre qui ne semble pas connaître les angles. À son propos, quelqu'un a un jour parlé de " fête désinvolte". C'est exactement cela que suggère un pan des oeuvres accrochées, qui évoquent une version intimiste de Matisse. Des silhouettes féminines sensuelles se découpent comme une promesse de nuits plus belles que les jours, à moins que ce ne soit l'inverse. Dans le même esprit, il y a aussi des intérieurs dont l'arrière-plan punaisé de dessins fait subtilement allusion à la vie de l'artiste. Peut-être un peu plus difficile à décrypter, l'autre volet présenté est plus abstrait. Les contours se fondent et l'oeil se perd. Peu importe, il reste la joie, la couleur et la lumière qui triomphent. Un beau programme dont on sort la mine heureuse.