Il faut évidemment accrocher au concept. Faire interpréter des romans -des extraits de monuments parfois- par des comédiens. Faire de la littérature le tapis de course d'un marathon de lecture à voix haute. Voilà qui peut, en regard d'une activité par essence hautement inflammable, subjective et intérieure, sonner parfaitement contre-nature. On guette le surjeu, on craint déjà de bloquer sur une voix irritante. Et pourtant. Sous-titrée " Quand le livre rencontre la scène", la troisième édition du Mar...

Il faut évidemment accrocher au concept. Faire interpréter des romans -des extraits de monuments parfois- par des comédiens. Faire de la littérature le tapis de course d'un marathon de lecture à voix haute. Voilà qui peut, en regard d'une activité par essence hautement inflammable, subjective et intérieure, sonner parfaitement contre-nature. On guette le surjeu, on craint déjà de bloquer sur une voix irritante. Et pourtant. Sous-titrée " Quand le livre rencontre la scène", la troisième édition du Marathon des mots a des arguments à faire valoir. En premier lieu un format éprouvé et répété tout au long d'un week-end qui verra s'enchaîner des représentations de 50 minutes: le temps nécessaire, selon Mariane Cosserat, sa directrice, " pour s'imprégner de l'imaginaire et entreprendre un voyage". Un trip sans frontières, puisque l'édition s'ouvrira sur un joyeux tous azimuts, des classiques aux " nouvelles formes numériques et augmentées". L'un des moments forts de cette édition, et qui vaut la course à lui seul, sera la rencontre, à Flagey, avec le très rare Javier Marias (photo) le 7 juin. Le maître espagnol, auteur des stupéfiants Un c£ur si blanc et Dans la bataille pense à moi, viendra lire in persona quelques pages de son nouveau titre en VO, Los Enamoramientos. Autre événement un peu en marge: le concert littéraire L'Or noir d'Arthur H au Théâtre national, qui y transposera les £uvres du poète martiniquais Edouard Glissant (et Dany Laferrière, Aimé Césaire... ). Ce à quoi il faut ajouter, donc, en vrac, des tas de lectures, dont on épinglera en priorité les Trois Guinées de Virginia Woolf lu par Fanny Cottençon, Les Mémoires d'Hadrien de Yourcenar par Marie-Christine Barrault, le très impertinent Mes prix littéraires de Thomas Bernhard ou les excellents Racontars arctiques de Jorn Riel par Dominique Pinon, voire encore les Spirale et Chroniques des quais de David Wojnarowicz, l'auteur écorché du NY violent et halluciné d' Au bord du gouffre, par Joffrey Verbruggen ou un avant-goût du dernier Charly Delwart ( Circuit) à paraître en septembre, par le Belge Yannick Rénier. On ira aussi écouter le collectif Commando Slam scander des textes devant les passants du quartier Dansaert et assister à des ateliers de micro-fictions d'une heure, pour y expérimenter l'écriture sous contrainte, du Haïku à la micro-nouvelle, en passant par la Twitterature ou le fragment. Tous ces événements se bousculeront dans le centre de Bruxelles, parfois au même moment à deux endroits différents. Un marathon, on vous dit. DU 07 AU 10/06, À BRUXELLES. WWW.LEMARATHONDESMOTS.BE YSALINE PARISIS