Fantasmées (les Stones et les Beatles) ou bien réelles (Oasis et Blur), les rivalités veinent l'Histoire de la pop culture. Celle de Billy Mitchell et Steve Wiebe restera dans les annales du jeu vidéo. Mise en lumière par le documentaire The King of Kong: a Fistful of Quarters de Seth Gordon, elle crépitait dans un milieu compétitif aujourd'hui oublié: celui du rétro gaming du mitan des années 2000. Une querelle aux airs de film des frères Coen qui, 20 ans plus tard, continue à faire des vagues devant la justice américaine.
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Fantasmées (les Stones et les Beatles) ou bien réelles (Oasis et Blur), les rivalités veinent l'Histoire de la pop culture. Celle de Billy Mitchell et Steve Wiebe restera dans les annales du jeu vidéo. Mise en lumière par le documentaire The King of Kong: a Fistful of Quarters de Seth Gordon, elle crépitait dans un milieu compétitif aujourd'hui oublié: celui du rétro gaming du mitan des années 2000. Une querelle aux airs de film des frères Coen qui, 20 ans plus tard, continue à faire des vagues devant la justice américaine. D'un côté du ring, Billy Mitchell, bad guy présumé de l'histoire. Champion en titre de plusieurs classiques d'arcade des années 80, ce maître de Pac-Man s'envolait notamment au Japon il y a 21 ans pour y recevoir le trophée du "joueur du siècle", des mains de Masaya Nakamura, le président de Namco. L'inénarrable gamer a recyclé son esprit de compétition en philosophie de vie. Le tout pour créer une sauce piquante et faire prospérer une petite chaîne de restaurants à Hollywood et en Floride. L'ego de ce joueur qui a posé pour Time Magazine et inspiré le rôle de Peter Dinklage dans le calamiteux Pixels (aussi de Seth Gordon) n'a toutefois pas supporté de voir Steve Wiebe battre son record à Donkey Kong en 2006. Et Mitchell d'envoyer des membres de son fan club chez ce dernier pour qu'ils examinent, en douce, la borne d'arcade sur laquelle il a réussi son exploit. Le tout pour demander une invalidation de sa performance à Twin Galaxies, association validant les records d'arcade mondiaux. La personnalité de Mitchell, qui a refusé de se confronter en live face à son adversaire, contraste avec celle de Steve Wiebe. Cet ex-semi-pro de basket dont la carrière n'a jamais décollé compense ses frustrations sportives en salles d'arcade. Prof de physique et père de famille, ce batteur dont le jeu de baguettes inspire celui de son joystick avance comme un outsider piégé. Mais The King of Kong aurait polarisé ces deux parties et la réalité est sans doute à nuancer(1). Pas en reste, Billy Mitchell intente une action en justice contre Twin Galaxies. L'organisation avait en effet banni Mitchell de ses classements, il y a deux ans, lui reprochant d'avoir réalisé ses scores sur émulateur et non sur une vraie borne d'arcade. Pour creuser le sujet, n'hésitez pas à vous plonger dans le petit témoignage disponible sur YouTube de Walter Day de Twin Galaxies(2) mais aussi King of Chinatown et Fighting Dreams, deux docus illustrant cette fièvre arcade 80's et 90's qui préfigurait le monde de l'e-sport.