La comédie italienne a toujours été pour Benoît Mariage une référence absolue. Un genre qui met en scène des gens de milieux populaires, un rire qui ose aborder les questions sociales, un humour qui s'allie au tragique pour exprimer au mieux ce qu'est l'humain dans sa fragilité, dans ses contradictions. Les Convoyeurs attendent et Cowboy adaptaient cet héritage au cadre et à la mentalité belges et à une thématique très personnelle, trouvant en Benoît Poelvoorde l'interprète idéal, l'indispensable complice. Mariage pousse le bouchon plus loin dans Les Rayu...

La comédie italienne a toujours été pour Benoît Mariage une référence absolue. Un genre qui met en scène des gens de milieux populaires, un rire qui ose aborder les questions sociales, un humour qui s'allie au tragique pour exprimer au mieux ce qu'est l'humain dans sa fragilité, dans ses contradictions. Les Convoyeurs attendent et Cowboy adaptaient cet héritage au cadre et à la mentalité belges et à une thématique très personnelle, trouvant en Benoît Poelvoorde l'interprète idéal, l'indispensable complice. Mariage pousse le bouchon plus loin dans Les Rayures du zèbre, abordant le thème des rapports Europe-Afrique sur les pas d'un recruteur (Poelvoorde, encore) cherchant de jeunes footballeurs de talent en Côte d'Ivoire et ramenant l'un d'entre eux (Marc Zinga) en Belgique pour le "placer" dans un club. Le réalisateur avait depuis longtemps envie de situer un film dans le monde du foot, et le thème des agents de joueurs prospectant le "marché" africain était un angle prometteur. D'autant qu'il avait fait la connaissance de Serge Trimpont, ex-journaliste sportifdevenu agent. "Serge a bien gagné sa vie dans ce métier, et le cinéma l'intéresse, explique Mariage. Alors il m'a dit OK, et nous sommes partis une dizaine de jours en Côte-d'Ivoire. Il m'a ouvert son coeur, et sa passion. J'ai été très touché par lui, par l'environnement qu'il me faisait découvrir, et par le personnage qui était en train de se profiler... Un personnage romanesque, ayant un accent à la Raymond Goethals... comme Serge. J'en étais sûr: il y avait là un film!" Pour la quatrième fois (il faut aussi compter le court métrage primé Le Signaleur), Benoît Poelvoorde retrouve la caméra de Benoît Mariage. "Il me fallait sa gouaille, et puis ce rapport du Belge à l'Afrique, aussi. Et quelqu'un qui rayonne d'assez de chaleur pour faire passer des choses qui, sinon, seraient parfois inacceptables. Ben a ça en commun avec Goethals que quand il dit quelque chose, même d'énorme, ça passe... Il a la carrure. Le charisme. Et tout ça sans rien connaître au foot!" Mais un troisième Benoît est aussi décisif dans la réussite des Rayures du zèbre. Son nom est Dervaux et il est notamment cadreur des frères Dardenne... "Ensemble, nous avons entrepris de faire un film naturaliste, presque documentaire, quasi comme dans Strip-tease", commente Mariage, qui a voulu être d'autant plus vrai dans son approche que son film flirte avec les frontières du politiquement correct. "Il n'y avait aucune volonté de provocation, seulementle désir de partir de la réalité. Par exemple de ce paternalisme, colonialiste, mais teinté de beaucoup d'affectivité.Et desrapports à l'argent, aussi des rapports hommes-femmes. En prenant le parti d'en rire mais sans jamais perdre de vue l'aspect humain des choses." RENCONTRE Louis Danvers