Les artistes sont-ils maladivement obsédés par leurs créations? C'est sur cette question, une sorte d'adresse au visiteur, que s'ouvre la nouvelle exposition du MIMA. Avec intelligence et un certain goût du suspens, les organisateurs ont réservé leur réponse pour la fin du parcours. L'idée est bonne, qui évite de placer la découverte sous le signe du prémâché, voire de l'explication didacto-paternaliste. À chacun de se faire une opinion. Puisqu'on nous le demande, c'est volontiers que l'on partage notre vision de l'art brut. Elle n'est pas aussi radicale qu'un certain Jean Dubuffet qui la rêvait vierge de toute culture artistique et imperméable au désir de reconnaissance publique. Non, puisqu'il nous faut à notre tour la délirer, c'est sous le signe de la "mythologie personnelle" qu'on la placerait. Cette manière de créer un monde à soi qui déserte les enfants à l'âge dit de raison -ce stade du développement qui survient lorsque l'on se met à croire à une certaine unicité du réel. On s'empresse tout de même de préciser que c'est le versant fort du jeune âge que l'on célèbre ici, non son caractère d'hétéronomie -trop souvent existe une tentative d'assimiler les artistes bruts, surtout s'ils sont porteurs d'un handicap mental, à des êtres...