"Kankyo Ongaku"

Au milieu des années 70, Erik Satie était déjà décédé depuis près d'un demi-siècle quand il bénéficia d'un regain d'intérêt au Japon. En plein boom immobilier nippon, la fameuse "musique d'ameublement" du compositeur français trouva en effet un nouvel écho. Tout à coup, une nouvelle génération d'artistes y trouvait de quoi alimen...

Au milieu des années 70, Erik Satie était déjà décédé depuis près d'un demi-siècle quand il bénéficia d'un regain d'intérêt au Japon. En plein boom immobilier nippon, la fameuse "musique d'ameublement" du compositeur français trouva en effet un nouvel écho. Tout à coup, une nouvelle génération d'artistes y trouvait de quoi alimenter sa réflexion sur l'espace, privé et public: comment l'investir sans le remplir, le décorer sans le charger. Au même moment, Brian Eno sortait également son fameux Music for Airports, premier de ses travaux ambient. De quoi stimuler définitivement toute une série de musiciens à imaginer de nouvelles formes de design sonore, une musique "environnementale", baptisée, en japonais dans le texte, "kankyo ongaku". C'est ce mouvement que propose d'illustrer une nouvelle compilation concoctée par le label spécialiste du genre, Light In The Attic. Sous-titrée Japanese Ambient, Environmental & New Age Music 1980-1990, elle regroupe quelque 25 morceaux (pour la version LP, 23 sur le double CD), tous datés des eighties. Vaporeux, aériens, chacun réussit le pari de se fondre dans le décor, sans jamais faire tapisserie. Soit le principe même de la musique ambient, à la fois fonctionnelle et esthétique, absente et présente. Une contradiction qui est notamment illustrée par une sélection qui va des sonorités de vibraphone de Toshi Tsuchitori, faisant résonner des lames de pierre volcanique ( Ishiura), aux vagues new age que Takashi Kokubo a composées pour une publicité destinée au système d'airco de la marque Sanyo ( A Dream Sails Out to Sea)... Un voyage en tout point passionnant.