"L'histoire que je VEUX raconter." La note, écrite à la main et en néerlandais, saute aux yeux lorsqu'on feuillette l'énorme classeur de Judith Vanistendael regroupant les recherches, esquisses, dessins, essais de couleurs et autres " expériences" qui ont jalonné la fabrication de son dernier album. Un bout de feuille, presque un post-it, que l'autrice de David, les femmes et la mort et de Salto a eu besoin, au beau milieu de son travail de recherche graphique et narrative, de se remettre sous les yeux. " Parfois, on se perd en route, ça m'est déjà arrivé. On est à la recherche du détail, de la forme juste, on y passe des heures, des jours, mais on risque d'oublier le "pourquoi" de tout ça en chemin. Là, c'était important pour moi de me recentrer, de me rappeler pourquoi je m'étais lancée là-dedans, pourquoi l'autrice que je suis avait décidé d'y passer plusieurs années." Et Judith Vanistendael de relire et traduire en même temps cette note courte et qui tient en trois points, jetée il y a longtemps déjà dans ses recherches, comme un phare ou une bouée de secours: " Un, l'histoire d'une personne qui choisit de privilégier son travail et son engagement, et le prix que cela représente pour sa famille. Deux, un personnage principal qui est très, très bon dans son job. Elle sauve des vies. C'est important. Assez important pour abandonner sa fille. Et trois, le personnage est une femme. Et l'histoire parle aussi de maternité. " Après avoir lu Les Deux Vies de Pénélope, on peut confirmer que cet aide-mémoire est devenu le parfait résumé de son nouveau roman graphique. Retour sur son planning.
...