Le premier coup de poing de C'est pour ton bien, qui tombe dès les premières lignes, le lecteur se le prend en même tant que Camille -" Vous êtes là, assise sur le sol, le dos au mur, et vous ressentez la douleur lancinante qui part de votre joue et qui remonte jusqu'à votre oreille. C'est là qu'il vous a frappée. Avec son poing." Pour la première fois, pas la dernière, Pierre a frappé Camille, sa jeune épouse enceinte. L'introduction suffocante de réalisme et de crudité d'une descente aux enfe...

Le premier coup de poing de C'est pour ton bien, qui tombe dès les premières lignes, le lecteur se le prend en même tant que Camille -" Vous êtes là, assise sur le sol, le dos au mur, et vous ressentez la douleur lancinante qui part de votre joue et qui remonte jusqu'à votre oreille. C'est là qu'il vous a frappée. Avec son poing." Pour la première fois, pas la dernière, Pierre a frappé Camille, sa jeune épouse enceinte. L'introduction suffocante de réalisme et de crudité d'une descente aux enfers, d'un piège mortel, qui ne prendra pourtant pas l'itinéraire attendu: Camille va se rebeller, tenter de fuir, puis disparaître. Un féminicide de plus dans l'anonymat des grandes villes? Peut-être. Ou peut-être pas. Car ce qu'on pensait (espérait?) être un nouveau polar de Delperdange se transforme soudain en thriller où le "whodunit" l'emporte, " ce qui est presque à l'opposé du roman noir tel que je le pratique, où je n'essaie pas de surprendre le lecteur, mais de le toucher profondément", confesse l'auteur. " Les lecteurs de thrillers, eux, aiment être baladés, malmenés." " Les premières pages du livre, je les avais écrites il y a plusieurs années, quand le sujet des femmes battues ne faisait pas l'actualité, quand c'était hélas affreusement banal. Mais mon intention, en tant qu'auteur, a toujours été de me mettre à la place de quelqu'un qui est à l'opposé de ce que je suis. Essayer de penser et ressentir comme quelqu'un qui n'est pas moi. L'idée de tirer ce début d'intrigue vers le thriller n'est venue qu'ensuite: si elle disparaît, que va-t-il arriver? Est-ce l'acte de trop du mari? Je joue sur les a priori des lecteurs, avec des gens simples, des situations banales et réalistes. La violence vient du réel; elle est d'autant plus forte qu'elle est hélas crédible." Patrick Delperdange avait bien conscience que sur ce genre de sujet, aujourd'hui, il ne fallait pas se rater: une question de légitimité que l'auteur s'est posée, et qui s'est résolue d'elle-même: " J'ai même pensé, pour la première fois de ma vie, à utiliser un pseudo. De quel droit puis-je parler des souffrances faites aux femmes? Cette idée de pseudo est restée longtemps, mais je voulais l'assumer, je l'ai donc signé de manière cryptée (un acrostiche forme son nom dans les premiers chapitres, NDLR) , avant de le signer tout à fait: me mettre dans la peau d'un ou d'une autre fait partie de mon job d'écrivain."